August. De Patientia, cap. IL, in princ
4. IR Liæ, Q. CXXX VI, art. 1 : art. 5 : Q. CXXVIIL, art. unic.
LES VERTUS ANNEXÉES A LA FORCE É 439 à
donc pas ainsi le support, quelque ferme qu'il soit, de maux quon n'entend tolérer qu’en vue d’un avantage indû ou de la satisfaction d’un vice. « Sont patients, dit encore Augustin, ceux qui aiment mieux souffrir le mal en ne le faisant pas que de le faire en ne le souffrant pas. Quant à ceux qui supportent le mal en vue du mal, il ne faut ni admirer ni louer leur patience, qui est nulle ; il faut plutôt admirer leur dureté. » ‘ Le vrai patient est celui qui « possède son dme », selon le mot de l'Ecriture, en présence de l’adversité, et qui la possède en vue du bien.
Pour la même raison, on ne manquera point à la patience en repoussant les maux au lieu de les souffrir, quand la raison le conseille. Toute vertu étant au service de la raison, on ne manque de vertu qu’en manquant de raison. Là où la raison veut qu’on frappe, patienter ce n’est plus patienter vertueusement ; ce n’est donc plus patienter au sens moral ?.
2. — Que la patience soit affiliée à la force d'âme, c’est ce qui est évident. En un sens, elle contribue à l'intégrer, en ce que sans la patience, il est impossible d'aboutir aux fins de la force. Comment souffrir la mort ou les plus grands périls en vue du bien, si l’on ne sait patienter sous le coup des douleurs que ces circonstances provoquent ? Mais la patience s’étend plus loin ; elle est requise tout au long de l'existence, et pour autant qu'elle déborde l’objet de la force, elle s’y rattache comme le secondaire au principal, vu qu'il est. nécessaire de souffrir tout d’abord les grands maux, ensuite les petits, pour qu’en tout la raison triomphe *.
Il faut noter pourtant que la force est surtout relative