‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 323 sur 440 · On leur adjoint la longanimité · texte numérisé non relu

On leur adjoint la longanimité

Longanimité, c’est-à-dire patience qui porte loin, à savoir dans le temps; patience qui est faite d’expectative, tolérant en vue de l’avenir les maux et les vices qui s’attardent.

Soutenir les maux présents en faveur de biens absents et toujours problématiques, cela n’est pas facile. Quand la raison le veut pourtant, la longanimité s’y emploie.

De plus, le fait pour l’objet de nos espoirs de s’enfoncer dans le lointain, est pour nous une cause de tristesse. « L’espérance afflige l'âme », dit le Proverbe (XIII, 12). Supporter ce genre d’affliction, c’est une patience spéciale, qui est bien nommée longanimité.

4. — Toutefois, prise par un autre biais, non plus selon qu'elle supporte, mais en tant qu’elle souhaite et espère des biens, la longanimité serapprocherait plutôt de la magnanimité, dont elle constituerait le double. Ce que la magnanimité voit en grand et espère en grand, la longanimité le voit et l'espère en longueur de temps; c'est une magnanimité dans une dimension nouvelle ?.

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