‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 368 sur 440 · A. — LA CLÉMENCE ET LA DOUCEUR EN ELLES-MÊMES · texte numérisé non relu

A. — LA CLÉMENCE ET LA DOUCEUR EN ELLES-MÊMES

. 4. Leur distinction. — 2. Douceur, clémence et sévérité. — 3. Douceur, clémence et tempérance.

4. — La clémence et la douceur ne coïncident point. La première est une espèce de justice ; la seconde est une modération de la passion.

A l'homme clément, en effet, il appartient de ne punir que dans la mesure nécessaire, et d’incliner plutôt à l'indulgence. L'homme doux est celui qui, en toute rencontre, sait contenir la colère et ne pas manquer, à cause d'elle, à ce qu'il doit.

= Mais puisque c'est en toute rencontre que la douceur agit, elle confère donc à la clémence quant à ses effets, bien qu'elle soit d’autre espèce ”?.

Ce qui prouve bien cette différence, c’est la considération des contraires. La douceur a pour contraire la propension à la colère (zracundia). Le contraire de la clémence, c’est la dureté ou cruauté. « Celui-là est cruel, a dit Sénèque (de Clementia, Il, 4) qui punit avec raison, mais sans la mesure dela raison »..Quant à celui qui fait souffrir pour le plaisir de faire souffrir, on peut l'appeler cruel; mais on l’appellerait mieux brutal, ou féroce, comme étranger à l’amour naturel de l’homme pour l’homme *.

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