‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 370 sur 440 · bid., art 3, cum resp. ad · texte numérisé non relu

bid., art 3, cum resp. ad

SERTILLANGES, 32

gens le souverain a est vins néc saire que € d le cœur sévère ou irrité. Se Mais sous certains rapports la douceur et la ou | prennent une importance capitale. La première dispose l'âme à la vérité et à la justice, en procurant au sujet moral une pleine possession de soi. La seconde prouve l'amour de l'homme pour l’homme et tend à le développer, par où elle accède à la charité, qui est la vertu fondamentale *

B. — LA coLèRrE.

1. La colère passion et la colère vice. — 2. La colère « antécédente » et la colère « conséquente ». — 3. Modalités de la colère. — 4. Gravité de La colère. — 5. Gravité comparée de la colère et des autres vices. — 6. Trois espèces de colère. — 7.

La colère vice capital, — 8. Les effets de la colère. — 9. Le

rôle vertueux de la colère passion.

4. — La douceur et la clémence ont pour contraires, respectivement, la colère excessive d’une part ; de l’autre la cruauté et l'inhumanité, dont on notera les diffé-.

rences.

Toute colère n'est pas blâmable. A parler avec pré- cision, la colère nomme non un vice, mais un mouvement de l’âme (passio). Or s’il y a des mouvements de l'âme qui sont mauvais par leur nature, comme l’envie ; il y en a d’autres que leur objet ne détermine point à lui seul au bien ou au mal, sa généralité permettant l’un et l’autre.

Or, la colère est de ce dernier genre. Par excès ou par défaut, elle pourra prêter aux déviations ; mais elle n'est point, d'elle-même, une déviation. Il y a des FQIArES vertueuses ?.

: Ibid., art. 4, cum resp. ad arg.

2. Ibid., Q. CLVIL, art. 1 ; Q. XII de Malo, art. 1 ; In II Sent., Dist. IX, Q. IV, art. 2, Qa 2.

garder i ici des équivoques. ne LS re et fort t souvent, à leur suite, l'usage ÉOU=. rant appellent colère ou, en général, passion, les mou vements désordonnés de l'âme. Dans ces conditions, il est bien évident que toute colère est un vice. Mais la ee pensée péripatéticienne, qu'Augustin approuve,nomme plus scientifiquement passions les affections de l’âme prises en soi, antérieurement à tout usage. Dès lors, ce serait une erreur grave et une sorte de manichéisme philosophique, d'appeler la colère un vice. Il en sera d’elle ce qu’on voudra, suivant qu’on lui appliquera ou non la règle rationnelle.

2. — Pour que celle-ci soit obéie, il faut évidemment qu’elle arrive à son heure, et c’est pourquoi on applique ici comme partout la distinction capitale de la passion antécédente et de la passion conséquente. La colère qui agit avant la délibération et sur elle, la fausse; la colère qui agit après la délibération et selon elle, la sert ; elle peut ainsi devenir une force contre les vices, une véhémence vertueuse et utile.

« Il faut veiller souverainement, a dit Grégoire le Grand, à ce que la colère, prise comme instrument de vertu, ne vienne à dominer l’esprit, son maître. Qu'elle soit l'esclave prête au service, immuablement placée en arrière de la raison. »° 3

Il est certain que même ainsi, dans l’exécution, lintervention de la colère tend à troubler l’esprit. Mais cela n’est pas un mal; car pour exécuter, l'instinct est 7 une force meilleure que la délibération rationnelle.

L'artiste gagne-t-il à observer ses doigts quand il joue? L'art ne délibère point, ainsi que l'a remar- ie qué profondément Aristote. Il est pourtant impré- À ue

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