Or l’oublide laraison peutavoirlieuici de bien des
manières. La colère en général étant un appétit de vin-
dicte, on peut excéder, objectivement parlant, à l’égard de toutes les circonstances dont la vindicte est susceptible. On peut souhaiter punir ou voir punir celui qui ne le mérite point; dans une mesure où il ne le mérite point; ou encore hors de propos, en dehors des formes régulières, ou pour un but autre que celui auquel, légi-
timement, la vindicte tend : la conservation de la jus-
tice et la correction des fautes.
4. — Dans tous ces cas, la colère est de soi une faute grave, comme opposée à la charité et à la justice. Si elle est légère, c'est que souvent elle n’est pas pleinement réfléchie, ou que ses effets voulus sont de valeur négligeable. |
Que si le désordre envisagé dans la colère se tient non du côté de l’objet, mais simplement du côté de l’appétit, comme si quelqu'un, sans vouloir rien d’injuste ou de méchant, se laisse aller à des violences de sentiments, de paroles ou de gestes : alors, c’est l'inverse qui a lieu. De soi, un tel désordre est peu grave ; il ne le devient qu’en cas de scandale, de violence intérieure ou extérieure tellement grande qu’elle nuise gravement aux rapports, à la santé physique ou morale du sujet ?.
5. — À ce dernier point de vue, à cause de sa violence et de sa soudaineté, la colère est chose pire que la concupiscence, ainsi qu'on l’a dit, et à plus forte raison