TEMPÉRANCE
F. — La MODESTIE DE LA MISE ET DES ORNEMENIS.
4. L'abus possible. — 2. L’excès. — 3. Le défaut. — 4. Situations diverses à envisager.
4. — Notre apparat extérieur, non moins que nos gestes et nos actions, doit être composé selon les lois de la raison et exempt de vice.
Ce n’est pas que les choses dont nous nous servoñs puissent être vicieuses en elles-mêmes : mais autre est la chose en soi, autre l’usage.
La modération peut être absente ici de deux façons. Premièrement, par comparaison avec le milieu et avec les mœurs ou habitudes qui y règnent. Deuxièmement en raison de l’esprit qu’on y apporte et de ce qu’on se. propose en usant de tels objets de luxe ou d'ornement.
Ces deux façons de dévier se réunissent fort souvent. « Il arrive, dit Augustin (De Doctr. Christ., UJ, 12), que la licence non seulement abuse coupablement des coutumes ; mais déborde sur elles et fait éclater en criminelles éruptions une honte que cachait la barrière des bonnes mœurs. »
Or, le désordre des sentiments peut prendre ici une double direction. L’excès et le défaut s’y rencontrent.
2. — Par excès, trois déviations se présentent. Les uns cherchent là une sotte gloire, se revêtant d’habits somptueux et de subtils ornements propres à les exalter, pensent-ils, aux yeux des autres. Le mauvais riche, « vêtu de pourpre et de fin lin », est leur modèle. D’autres recherchent les habits délicats par amour de la volupté, que de telles recherches fomentent. D’autres enfin exagèrent sans mauvaise intention, mais de façon à déborder par rapport à leur situation et aux convenances sociales.
A ces trois désordres, Andronicus oppose l'humilité,
qui exclut l’envie de briller au moyen du luxe, la fie.
sance, qui combat les recherches efféminées, et la
simplicité, qui invile à ne pas attacher à de telles
choses une importance déraisonnable.
3. — Par défaut, on peut noter deux nouvelles dévialions: la négligence, dont se rendent coupables ceux qui refusent le soin et l'effort nécessaire pour satisfaire aux convenances, et une sorte de gloriole à rebours, certains cherchant à se distinguer par le mépris de tout apparat comme d’autres se distinguent par leur luxe. Il y a des manteaux troués à travers lesquels on voit l’orgueil, et la jactance, a dit Augustin, se loge jusque dans le deuil des habits’.
4. — I] faut du reste faire la part des situations et des vocations particulières. L'homme constitué en dignité, le prêtre dans l'exercice des fonctions sacrées se revêtent d’habits somptueux, non par jactance ou par légèreté; mais pour signifier les grandes choses qu'ils traitent.
A l'inverse, les pénitents et les mortifiés se restreignent plus que les autres afin des’humilier et de mater la chair. S'ils font ainsi sagement, c’est une tempérance vertueuse. Ceux qui excèdent par un secret orgueil ou sortent sans raison de la voie commune, versent à une sorte de superstition’.
Ajoutons que le culte extérieur de notre personne est comme un signe de notre condition personnelle et
sociale ; que par ce côté, la juste mesure verlueuse se
rattache à la véracité *