Q. I de Malo, art
| respondent, dans l'absolu, à la conversion ou | à l'aver- Fe
sion de l’âme par rapport à sa fin dernière, ont pour pendant, également dans l'absolu, l'harmonie ou l’oppo-
sition violente de tout le créé : ainsi la liberté des enfants
de Dieu ou l’esclavage à l'égard des éléments sont les
conséquences immédiates de nos actes, en tant que nous
sommes engagés dans le milieu universel intéressé à ces actes.
L'ordre moral dominant tout, et la toute-puissance étant, de par Dieu, un des attributs de sa Justice, quiconque fait le bien est vraiment, et dès ici-bas, maître « de la force qui enchaîne tous les mondes ». Tout lui est soumis, dans la mesure où il est soumis au bien.
Ce n’est pas à dire que le monde devienne, à son usage, une cour des miracles. Il faut voir de plus haut, ct se souvenir que la Providence enveloppe tout, même le complexus universel que l’antiquité appelait le Destin. Puis donc que les motifs dela Providence sont de l’ordre moral, et que les effets de justice appelés par la moralité humaine s’y trouvent compris, le bien et le mal deviennent, par ce détour infini en apparence, immédiat en réalité de par son infinité même, des causes qui ont valeur de causes physiques, sociales, psychologiques, universelles ; des rouages du monde.
Commentant le mot de saint Paul : Le salaire du péché, c’est la mort (Rom., VI, 23), saint Thomas explique que le pécheur est digne de mort, même physique,
parce que, dit-il, lâme qui se sépare de Dieu mérite
que son corps se sépare d’elle, ou, s’il demeure, que ce corps cesse de lui obéir ; que les é/éments de ce monde, auxquels le corps nous relie, cessent d’être les serviteurs de nosfins et en deviennent par conséquent adversaires.
D’où l’anarchie introduite plus ou moins dans les fonctions qui composent notre vie ; d’où la souffrance, le détraquement des actions de l'âme qui exigent 1e corps, c'est-à-dire, en réalité, de toutes.
ke et la réalisation des sente ’abime appelle l’abime (PS. XLI, 8) ; celui qui commet le péché est esclave du péché (Joan. VI, 24). On voit que la propension au mal, et d’ailleurs le mal lui-même, en tant qu’il procède d’un autre mal, sont rangés par saint Thomas au nombre des sanctions. Le désordre intérieur de l’âme est de toutes la plus 1 immédiate. « Tu as voulu, Seigneur, et ainsi est-il, que l'esprit désordonné soit à lui-même sa propre peine », a écrit Augustin. Le remords, s’il existe, est le signe de cet état; mais réussît-on à l’étouffer, ce ne serait qu'un mal de plus, parce que ce serait une ressource ke de moins pour la vraie béatitude *.
L’inverse a lieu pour la vertu. Qui fait le bien s’af- fermit dans la voie du bien, dans l'harmonie intérieure et extérieure. Il tend à se concilier et soi-même et les autres et le monde, en se conciliant l’ordre, en se conciliant Dieu, chef de l’ordre, sous la loi duquel entrent __ toutes choses qui paraissent indépendantes, et qui obéissent; qui paraissent et sont libres ou fortuites, mais néanmoins providentielles ; qui se proclament matérielles, et qui rentrent dans l’ordre moral.
9. — [1 se peut que ces sanctions ne soient pas visiblement éprouvées — elles le sont pour une part, et la sagesse universelle le proclame — mais la rigueur de Jeur application n’est pas pour cela en défaut. Celui qui dit, comme l'émpie : J'ai péché et il ne m'est rien arrivé de triste oublie que le temps aussi est compris dans Vordre moral. S'il en est besoin pour ménager les