‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 432 sur 440 · Aristote, à ne regarder que ses conceptions · texte numérisé non relu

Aristote, à ne regarder que ses conceptions

à morales, signerait parfaitement cette théorie. Ce qui

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lui manque pour ÿ accéder, c’est la notion de providence, chez lui si déplorablement diminuée.

Lui aussi, Aristote, appelle les résultats de l’action

L Doue dit Kant, est ici-bas livré au a ÿ

morale des 7 récompenses et des chétiments. Lui à déclare que non seulement on peut. les vouloir et s'y attacher légitimement; mais qu’ils sont la fin propre de

la moralité, son unique raison d'être. Ce qui est dans l'intention au départ, dit-il toujours, est cela même qui est dans la réalité à la fin. Si le premier de tous nos

vouloirs moraux est un appétit bien réglé de la béatitude,

c’est-à-dire la recherche de ce qui convient vraiment à l’homme selon sa nature, donc aussi selon l'intention de la nature : c'est cela qui doit se trouver réalisé à la fin du travail moral, à moins que celui-ci n’ait manqué

de quelque condition nécessaire.

Les conditions qui dépendent de nous, il nous appartient de les fournir. Celles quine dépendent pas de nous, les Stoïciens diraient qu'elles ne comptent pas, tout le bonheur ou le malheur se ramenant à ce qui dépend de

l’homme. Aristote ne verse pas dans ce paradoxe ; mais il prend son parti de l’inévitable.

VA fe chrétien, lui, recourt à l’idée de providence.

11 mêle Dieu à la nature et à l’homme, et, par Dieu, ce qui ne dépend pas de nous dépend de nous quand même.

Notre vouloir moral devient une règle de l’univers: il

le plie à ses mouvements ; il aboutit par lui comme par soi à ce qu'il recherche.

On avouera que cette conception est assez haute. Son optimisme n’est que de la foi en Dieu. Saint Thomas l'a creusée avec une pénétration et présentée avec une confiance qu’il tient l’une de son génie, l’autre de cet esprit évangélique dont il est un des fidèles les plus conscients et les plus soumis.

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