In Boet, de Trinit. Q., IV, art
. SERTILLANGES. 4
métaphysique thomiste, est die .. on inter
Ja connaissance rationnelle‘. | à
= Nous connaissons en vertu d’une area ton La forme des choses, c’est-à-dire à leur idéalité immanent Et dans cette forme des choses, il faut comprendre leur ordre, qui est aussi une certaine forme (forma ordinis) F Or, l'assimilation ainsi opérée par l’intelligence n'est pas purement passive. En jugeant et en combinant nos jugements, nous devenons créateurs d’idéalité, done aussi de réalité, poor ee l’idéalité ainsi Done o
est conjointe. Mêlés à l’univers par les activités de notre corps, nous pouvons agir sur l’univers selon cette forme 4 . intérieure que nous avons conçue, et, dans une mesure restreinte sans nul doute, modeler la terre à notre image. À fortiori, mêlés à nous-mêmes de par notre unité substantielle, nous pouvons faire agir au dedans
la forme de raison que contient notre jugement pratique et modeler le nous-même inférieur sur l’autre. Agir (agere) et faire (facere) ; se réaliser soi-même et réaliser des œuvres extérieures, c’est, activement, le | double privilège de l’homme. aus Les distinctions thomistes entre la fhéorie et la pra tique d’une part, de l’autre entre la morale et l’art sont ainsi manifestes. Se Saint Thomas appelle théorique ou spéculative la connaissance qui trouve sa fin en elle-même; pratique, celle qui s’étend à une réalisation ultérieure, que celle-ci | ait pour sujet le connaissant ou quelque réalité étran- 4 gère *. En d’autres termes, la nn est relative
A. Cf. Saint To d'Aquin, t. LL, livre V, ch. 1. Paris, F. Alcan. 2. II C. Gentes, ch. XXXIX, Rae med. / -3. In Ethic., init.
2. Ibid. ; T8 ITe, Q. LVIL, art. 4, ad Le Ie pars, Q. XIV, art. 16.
l’ordre que la raison considère seulement; la pratique, à l’ordre qu’elle fait”. Que si cet ordre, œuvre de la raison, est extérieur à la volonté et à son domaine, il s’agit d'art : art rationnel ou logique, quand la raison s’emploie à ordonner ses propres actes en vue du vrai; arts libéraux quand elle préside à des dispositions où l'intelligence domine”, et arts mécaniques ou serviles là où le corps entre en jeu pour réaliser des dispositions matérielles *
Que si, au contraire, l’ordre établi par la raison a pour sujet les actes volontaires — volontaires, dis-je, par essence, comme dans le cas où les mouvements de la volonté sont en cause : ou volontaires en vertu d’une participation, comme lorsque la volonté étend son règne sur les mouvements du corps et sur ceux de la partie inférieure de l’âme, — il est question de la morale.
2. — La morale est donc cette discipline intellectuelle qui établit l’ordre dans les actions humaines en tant qu'elles sont proprement volontaires.
Cette dernière restriction est de très grave conséquence ; mais le moment n'est pas venu d’y insister. Ce qu'il faut noter ici, c’est qu’il y a ordre et ordre. Il y a un ordre d'éléments à l'égard les uns des autres, et il y à l’ordre de ces éléments à l’égard d’une fin qui leur est commune. Ainsi une armée est constituée par un ordre interne; mais son ensemble est ordonné luimême à la victoire. Et, naturellement, le premier de
ces deux ordres est relatif au second : il dépend de lui ;
4. In Efhic., init. On remarquera chez saint Thomas un certain flottement dans l'emploi de ces mots : spéculalif, pralique. À certains moments, il parle d'arts spéculatifs, abandonnant l’idée précise que nous venons de noter pour une considération plus empirique où le spéculatif et le pratique sont jugés ex parte materiæ, non selon leur notion propre. Ie Il®, loc. cif.; Ila II&, Q. XELVII, art. 2, ad 3.