‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 6 sur 440 · Ie Ile, Q. LVII, art. 3, ad 3w · texte numérisé non relu

Ie Ile, Q. LVII, art. 3, ad 3w

3. On voit de reste que cette classification est des plus sommaires, et d'ailleurs flottante.

il est secondaire par rapport à lui. Si l’on a dit, en métaphysique : la cause finale est la cause des causes, cette sentence générale doit s'appliquer ici plus encore que dans le cas de lanature. Il n’y à de raison à l’ordre que nous introduisons dans nos actes que le but immédiat ou lointain proposé à leur concours.

« Comme donc le sujet de la philosophie naturelle est le changement, ou la chose sujette au changement, ainsi le sujet de la philosophie morale est l’action humaine ordonnée à une fin, ou, si l’on veut, l’homme lui-même, selon qu’il se meut volontairement vers une fin * ».

3. — Il suit de là premièrement que la morale doit régir toute la vie, et que d’elle, en tant du moins qu'elles sont une manifestation de vie, toutes disciplines intellectuelles ou pratiques sont comptables. Ce qu'on appelle liberté de l’art, ou liberté de la science, ou, dans un domaine moins élevé, les affaires, ne peut prétendre à une autonomie complète. À l’égard de son propre objet, chaque discipline particulière est indépendante et ne relève que de ses propres principes; mais en tant qu’engagée dans l’ordre des fins, nulle ne peut échapper à l'influence des fins générales qui dirigent ou qui doivent diriger l’activité humaine. L'art est libre, pourrait-on dire, la science aussi, les affaires aussi ; mais l'artiste, le savant, l’homme d’affaires sont sujets de la morale et doivent subordonner à ses principes non les principes de leur discipline particulière, mais l’emploi qu'ils en font; car en toute occurrence, la signification humaine de nos œuvres est donnée par la finalité qu’elles atteignent*.

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