Parmi les plaisirs, il en est un qui est particu
lièrement privilégié sous ce rapport, c’est le plaisir de
connaître. À parler en rigueur, le plaisir de la contem-
plation n’a pas de contraire, tout au moins si l’on parle
de la contemplation prise en soi, non de son objet. Il
est clair que celui qui songe à son malheur en réveille l'impression : c’est que la pensée n’est alors que le
véhicule de l’objet réel, sa condition objective (secundum quod objicitur) ; elle-même n’est pas objet et ne peut
donc pas donner son fruit de joie. Mais que l’homme malheureux soit en même temps psychologue, qu'il s'élève à l'absolu de la pensée à propos de soi, aussitôt
la joie de connaître survient, et c’est de celle-là qu’on
dit : Elle n’a pas de contraire.
D'où pourrait lui venir, en effet, une opposition ? Au ae plaisir d’avoir chaud s'oppose l’impression pénible du froid ; mais à la pensée du chaud, la pensée du froid”
n'est pas contraire; elle est corrélative, c’est-à-dire, d’une certaine manière, identique. Aussi est-ce une même science qui les étudie, éclairant l’un par l’autre.
Il n’en est pas non plus de la contemplation comme