DEUXIÈME PARTIE
dans une interprétation déductive de la religion. Elle fait intervenir dans le règlement des sociétés et des choses une sorte de personnage plus ou moins matériel ou immatériel : fétiche, idole, symbole ou dieu providentiel.
Les formes diverses que cette interprétation emprunte successivement aux philosophies régnantes marquent une tendance progressive à l'immatérialisation du fétiche. De matière, il devient être indéfini et puis enfin, principe. Arrivé à ce summum, le fétichisme n'est plus que le raisonnement par pure déduction employé à motiver et à expliquer les choses au lieu du procédé d'observation et d'induction qui est le nôtre. D'induction en induction,
l'on est arrivé à dissocier la réalité en ses éléments, jusqu'à entrevoir le principe fondamental d'inéquilibre qui en détermine le mouvement. Partir de ce principe pour en déduire les faits, c'est user du procédé de déduction au faîte duquel est le fétiche.
Le lecteur a saisi, je pense, quelle est la portée de cette argumentation. Elle vise l'exposé des motifs de la religion tel qu'on l'enseigne dans les chapelles, qui est pur fétichisme.
Je rappelle les bases vulgaires de l'enseignement déductif: Dieu, parlant notre langage, édicté les lois et avec elles un cortège de récompenses et de punitions pour en assurer l'observance « car ainsi le veut son bon plaisir ». Il se réserve en outre de sévir lui-même, soit qu'il fasse prospérer les œuvres