LIVRE II
gence centrale y demeure indifférente. Devient-il malade, elle s'en aperçoit tout aussitôt à des si<^nes divers et règle la vie individuelle en conséquence L Etat mtervient aussi toutes les fois que les relations inter-individuelles compromettent les intérêts de la généralité. De même les actes de porter les aliments à la bouche, de marcher, importants pour la nutrition générale et les relations totales de l'individu, habituellement sous la dépendance de groupes anarchistes, relèvent aussi de la connaissance.
Enfin l'Etat, comme l'intelligence individuelle supérieure, préside absolumentaux relations extérieures et, dans ce domaine, il fait acte d'individualité d'une façon tonte spéciale, calculant ce qui est le bien général pour le poursuivre au mépris des intérêts particuliers. C'est le drapeau ralliant toutes les individualités et leur imposant tous les sacrifices, car, ainsi qu'il a été dit, « l'homme n'est pas un assemblage d'organes : il est un organe dans un organisme collectif ». De même l'individu sacrifie la satisfaction de ses appétits partiels et jusqu'à des morceaux de lui-même pour sauver sa propre vie.
Conclusion : Bien idéaL
L'objectif de la société, comme de l'individu, est la poursuite de l'équilibre ou du bien, qui est de deux ordres.
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DEUXIÈMK PARTIE
Elle poursuit d'une part l'équilibre dans les relations inter-individuelles et nous avons vu en vertu
de quels principes naturels.
D'autre part, elle est entraînée vers un équilibre plus élevé,celui des relations internationales.Je voudrais oublier pour un moment les nations et me placer au point de vue général de l'humanité, comme si déjà elle était dotée de l'organisation qu'on ne peut s'empêcher d'appeler de tous ses vœux d'homme vivant et pensant. Alors, que devient le but ? Se borne-t-il à l'harmonieux équilibre entre tous les hommes et n'y a-t-il pas un autre but suprême ?
Je crois invinciblement à l'existence d'un but supérieur qui est le bien de l'humanité ou la poursuite d'un équilibre dans les relations de celle-ci avecla nature. Les hommes manifestent communément leur foi dans ce but par la place suprême qu'ils vouent dans leur estime aux conquêtes de la science et de l'industrie et par le nom de bienfaiteurs de l'humanité qu'ils donnent aux conquérants de cet ordre.
Mais, dira-t-on,si réellement l'équilibre est le bien idéal vers lequel tend la nature entière, n'est-il pas possible d'en entrevoir la fin dans la nuit éloignée des temps? Non, car l'équilibre final n'existe pas, l'inéquilibre seul est vrai ; en lui réside l'origine de toute vie, comme il sera démontré par la suite.
TROISIÈME PAIITIE