TROISIEME PARTIE
la résistance qu'elle oppose ou les attractions qu'elle exerce, autant de simples manifestiitions de force.
Et pourtant aussi il a été démontré par de mémorables travaux, auxquels est attaché le nom de Berthelot (1), qu'un corps chimiquement déterminé, entrant en combinaison, ou en sortant, perd ou absorbe des quantités déteiminéesde chaleur et d'électrité. Il en fallait conclure semble-t-il, que ces • forces entrent comme éléments constitutifs dans la composition des corps matériels.
Supposons un amas d'objets quelconques de même nature, amas que l'on accroît et que l'on diminue alternativement. Nul ne songerait à voir dans le phénomène autre chose qu'une agglomération desdits objets qui croit et diminue. Supposons encore un foyer de chaleur alternativement chargé et déchargé nul ne songeia à parler d'autre chose que de chaleur en croissance, ou en diminution. Pourquoi donc, quand il s'agit de cet amas de résistance et d'attraction qu'on appelle matière, y voir autre chose que résistance et attraction, c'est-à-dire autre chose que de la force ? L'exceptionnelle stabilité relative du phénomène ne suftit pas, je le répète, à justitier une
pareille prétention.
Mais, si la matière est faite exclusivement d'éléments de force, en quoi donc se distingue-t-elle ? Par quoi ? Sinon parce caractère même de stabilité qui nous la rend si frappante. Et qu'est-cedonc qui
1. Berthki.ot, Easm de mécanù/ue chimique, V^vis, 1879, Dunod, éd.