LIVRE I
de l'activité nerveuse. Cela n'entache en rien la définition des idées concrètes, car leurs images de polarisation (ou de mémoire), sortes de gravures ou d'empreintes, sont, tout aussi bien que leurs images actuelles, des produits directs et immédiats du contact extérieur.
On appelle « idées abstraites » les fonctions mathématiques des précédentes, harmonies nées de leur conflit à l'intérieur de la pensée. Telles sont par exemple l'idée de honte, résultante d'impressions différentes également bonnes : mets savoui^eux et odorants, sons, lumières agréables et utiles, mouvements heureusement cadencés, hommes de bonne compagnie, etc. ; l'idée de frayeur, fonction commune d'accidents dilïerents pix)ducteurs de l'efl'roi; l'idée de justice, synthèse de multiples impressions qualifiées justes; et ainsi de suite.
On se souvient que les nombres ont été précédemment qualifiés rapports abstraits. Nous avons à leur propos développé le sens physiologique de ce mot, qui est de désigner des mouvements de la pensée produits par d'autres mouvements de la pensée et non plus directement par des impressions du dehors. L'observation présentée alors conserve toute sa valeur : il n'existe pas de nombres abstraits et pas davantage d'idées abstraites dans le sens métaphysique du mot. Toute idée étant un mouvement de la pensée est une réalité concrète.