PREMIÈRE PARTIE
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saveur, odeur, toucheur, leurs harmonies immédiates les teintes et les nuances, ainsi que leurs harmonies plus complexes composant le monde si riche des idées, autant de localisations des mouvements de la
pensée.
Considérée soit dans la conscience soit dans les notions, la pensée a pour essence son propre mouvement. La parole de Descartes a je pense, donc je suis », est exacte avec la signification « je suis en
mouvement » synonyme de f je suis ». Elle est l'application à un cas particulier,de la formule de Texistence,telle qu'elle sera établie à la lin de cet ouvrage: i'èlre réside dans la force « et plus précisément, dans l'harmonie des mouvements ou moments qui lacom-
posent ».
Or, nous observant nous-mêmes, nous constatons sans peine que, de mouvements en mouvements, notre pensée est une réalité ininterrompue. L'idée appelle une aulre idée, et celle-ci une autre encore, et ainsi de suite, môme en cet état d'inactivité apparente que nous appelons le sommeil. Si donc la notion représente une unité instantanée, les notions en leur ensemble constituent un phénomène continu' jusqu'à la mort, qui est l'extinction des feux delà pensée. Cette constatation est celle de la continuité de la connaissance.