‹ La philosophie naturelle [microform]Chapitre 61 sur 188 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

réserve le pluriel arta aux gestes considérés au point

de vue exclusivenient harmonique des beaux-arts (danse, chant, etc.), et alors on l'oppose au langnt/e, nom emprunté au plus mobile de nos organes et qui sert plus particulièrement à désigner les gestes

considérés au point de vue des échanges ordinaires.

Ce chapitre est consacré à l'énumération des principaux arts et à leur classification naturelle.

Deux familles fondamentales doivent être distinguées : les arts mimiques et les arts plastiques.

Les arts mimiques Les arts mimiques sont ceux du geste simple

éphémère et passager comprenant la gymnique et la phonétique, groupes fondamentaux comprenant euxmêmes plusieurs espèces.

Gtjmnique.

La gymnique est l'art des gestes exprimés par les membres nus conformément à l'étymologie qui fait

dériver le mot gymnique de yuavoçm nu.

Elle comprend la gymnastisque, la danse et la mimique.

La g>/mnastiqae. — La gymnastique, gesticulation

élémentaire, art rudimenlaire des jeux du corps, pratique les gestes pour assouplir les membres et les fortifier.

Cultivée avec ardeur par les anciens Grecs, qui en faisaient une partie essentielle de l'éducation, elle fut abandonnée parles Romains aux professionnels, athlètes ou gladiateurs, qui en offraient le spectacle dans les divertissement publics. Quelque peu cultivée dans le raoyen-àge sous la forme de tournois guerriers, elle fut complètement abandonnée enfin par les éducateurs des derniers siècles pour ne rentrer en faveur qu'avec l'époque contemporaine.

Et pourtant le grand pédagogue du xvi'' siècle avait magistralement marqué la place des exercices du corps en confiant (Jargantua au gentilhomme nommé « Tescuver Gymnaste, lequel lui montrait l'art de chevalerie... puis branlait la pique... courait le cerf... luttait, sautait... montait dix pas encontre une muraille .. nageait en profonde eau, à l'endroit, à l'envers, de cousté, de tout le corps, des seuls pieds, une main en l'air, en laquelle tenant un livre transpassait toute la rivière de Seine sans icelluy mouiller, et tirant par ses dents son manteau comme faisait Jules César... Yssant de l'eau roidement, montait encontre la montagne et dévallait aussi franchement. Jetait le dard, la barre, la pierre, la javeline, l'espieu... On lui attachait un câble en une haute tour, pendant en terre : par icelluy avecques deux mains montait, puis dévallait. On lui mettait une grosse perche appuyée à deux

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