LIVRE I
val, j'imprime âmes mainsun mouvement de galop, De cette façon, je dis à l'Indien : « Vous voir six voitures, bœufs, trois Mexicains, trois Américains, un homme à cheval fil ne faut guère plus de temps pour ces signes que pour faire la question verbalement.
La langue naturelle des sourds-muets est composée de signes imitatifs plus ou moins complexes qui représentent autant d'idées ou mots dont la valeur comme substantifs, verbes, adjectifs ou autres, est figurée par la position qu'ils occupent dans la phrase. On en a relevé jusqu'à cent cinquante (1). $
C'est cette même langue enfin qui a défrayé les
divertissements des (irecs, puis des Romains qui s'en rnontrèrentparticulièrement passionnés,enfin les nôtres. Spectacle, dirons-nous, bon pour les seuls sourds-muets, s'il n'est convenablement agrémenté d'harmonies de toutes sortes et en particulier d'harmonies musicales, car, à déchiffrer les énigmes de ce verbiage enfantin, l'intelligence ne trouve pas longtemps son compte.
Je suppose le problème posé de faire de la panto. mime articulée à l'usage d'un peuple de sourdsmuets. Il me semble que la solution en serait facile en suivant le procédé naturel que nous révélera tout à l'heure Tétude de la phonétique. Je commencerais par dissocier en leurs éléments tous les signes de la pantomime pour en constituer une sorte d'alphabet .
1. M. Degeraxdo, De l'éducation des sourds- muets, Paris, 1827, 2 vol.
DI-UXIOIE PAHTIE
des gestes. Je chercherais ensuite à en déterminer les groupements les plus simples empruntés aux expressions habituelles des sourds-muets et j'en ferais l'équivalent des racines de la langue phonétique. Du groupement de ces racines naîtraient des mots plus compliqués dans lesquels chaque racine pourrait paraître entière ou simplement indiquée; et certainement la pensée trouverait à s'exprimer d'une façon tout aussi illimitée qu'en langage parlé. Ce procédé n'a pas été mis en œuvre; tout au plus les livres sur la matière, tels que celui de Degerando parlent-ils de « signes de réduction » qui sont cependant comme un premier essai de racines.
Lanijue phono-alphabàlque des sourds-7nuets : Les sourds-muets vivant à l'état de rare exception au milieu des entendants-parlants on s'est attaché non à développer leur langue mais à leur inculquer la nôtre. A cet effet deux procédés sont mis en œuvre: celui de la dactfjlolalie, dans lequel les lettres de l'alphabet phonétique sont rendues par des signes des doigts et delà main, et celui pkis perfectionné mais plus aléatoire qui consiste à faire lire les sourds sur nos lèvres et à leur apprendre à émettre nos propres sons. Je me demande si cette pédagogie spéciale n'aurait pas tout à gagner à l'usage préalable d'une vraie langue de sourds, pantomime articulée telle que nous l'avons esquissée ; il me semble que la connaissance de notre langage lui-même leur en serait facilitée par les explications plus complètes qui pourraient leur être données.