LIVRE I
avoir été induits en erreur par l'écriture chinoise. Tout en étant idéoi^-raphique, corpme nous le verrons, cette écriture est en elVet monosyllabique, chaque signe élémentaire corresponrlant à un mot d'une
seule syllabe.
La linguistique distingue très justement les lan-
o-ues humaines en idiomes agglutinants et fléchissants.
Les idiomes agglutitiants accouplent les mots les
uns au autres, simplement et sans les modifier. Leur valeur comme substantif, verbe ou terme de relation est indiquée communéuient par leur place dans la phrase. C'est le parler nègfe de nos colonies, commun au plus grand nombre des peuples. Pour rendre : «je viendrai vous visiter ». on dit: moi devoir tenir visiter vous, manière de parler incomparablement plus lente. Cette lenteur frappe surtout si l'on compare les exemples extrêmes, comme l'expression des trois niots latins « quud erat demonstrandum » à rendre par les six mots: cela qui précédemment devoir être démontré.
Les idiomes lléchissants modifient les mots pour y incorporer les notions accessoires de lieu par la déclinaison, celles de temps et ne mode par la conjugaison, celles de nombres iSàr les flexions numérales, et celles enfin de sexe par les flexions de genre. On en distingue trois groupes : 1'^ les Indo-Européens: 2Mes Sémitiques; T les Egypto- Ethiopiens. Des radicaux communs affirment la parenté des divers membres de chaque groupe
et permettent de leur affecter un point de départ commun. ^
Il est remarquable que le nombre des flexions ait plutôt diminué qu'augmenté dans les langues européennes de création récente. Ainsi le français a des flexions moins nombreuses que. le latin, puisqu'il a perdu la déclinaison, et'l'anglais en a moins encore. Un dit en anglais « f shall go >> on /. devoir aller pour ; "«.et l'on n-a plus dans celte même langue qu'un seul et même article déterminatif sans flexion gênénque o„ numérique (M. pour /., la et les). Et pourtant I anglais, bien que de formation récente, a déjà fourni une carrière littéraire de premier ordre Je serais tenté den conclure que la flexion a ses excès 1 eut-et,^ même ne constitue-t-elle pas un progrès indéniable. Le système agglutinatif des Chinois n'a pas empêché leur langue de s'élever aux plus hautes conceptions, non plus que de développer le plus fructueux commerce. Et, si le peuple chinois s est laisse distancer en civilisation, la cause m'en parait Je von- être attribuée bien davantage au vice de son enfantine écriture qu'à une imperfection de la langue parlée. En d'autres termes, l'invention de l'alphabet phonétique dont nous allons bientôt raconter lliistoirc, semble avoir contribué plus etïieacement au progrès de la pensée humaine que l'intrpduction dans le langage parlé du procédé discutable des flexions.
fn résumé la parole a pour première origine le cri naturel et réflexe, aidé des mécanismes natu- '
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