DEUXIÈME PARTIE
LIVRi: I
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ses aspirations les plus chères elles plus généreuses, jette un cri sublime qu'entend l'artiste. Ce cri soulève son émotion et derrière elle un jeu d'équilibrations multiples représentant, traduites et fixées en paroles et en musi(iue, laplus émouvante des productions artistiques. Le sentiment des réalités l'a fait
naître.
Arrivée au faîte de la pensée, dominant la science et la devançant jusqu'à atteindre cette conception dynamique de la matière que nous verrons s'imposer à la chimie moderne, dominant l'art par le sentiment d'un idéal parfait, la Grèce antique plane comme oublieuse des réalités. Aimons-la, car c'est elle notre mère et non la Home barbare dont le seul mérite artistique fut de nous la faire connaître. Mais, plus sages que les Grecs, sachons ne pas nous abandonner à la léthargie des contemplations idéales. La vie est là qui nous appelle, il tant pleurer, rire et combattre, sentir toujours pour être artiste, car l'art naît du sentiment et le sentiment est vivant.
Est-il, je le demande, langage plus instructif et
plus émouvant que le langage des réalités? Celui-là seul a la vocation artistique qui les sent battre en lui au point que son cœur en déborde jusqu'à en verser le trop-plein dans le cœur des autres. Et si l'on entend dire : « Fi les choses, les idées comptent seules ! » Il faut répondre avec fermeté : c'est une erreur, seules les choses comptent et nul n'est artiste s'il n'en lit réternelle chanson, plus variée, plus
puissante, plus douce que tous les échos fuyants de la pensée humaine. Au pédant appartient le rôle de balbutier le maigre produit de la grammaire intellectuelle ; à l'artiste le feu des réalités et leurs barmonies infinies. Réalistes, ils le sont tous, les artistes dignes de ce nom, les faiseurs de pensée et les meneurs d'hommes, jusqu'au jour où leur émotion enfin conquérante a pris rang au domaine du commun idéal.
Palpitant encore de l'instant qui fuit avec l'idéal, le sentiment éclôt des réalités imprévues.