ASTRONOMIE SIDÉRALE ET COSMOGONIE
comme noyau, d'où l'astre aprisune figure sphéroïdique, avec un mouvement de rotation dirigé dans le même sens que la translation, à cause de l'excès de la vitesse des molécules supérieures sur celle des inférieures.
Cette théorie cosniogonique est en harmonie avec tous les caractères généraux de nbtre monde et elle explique l'impulsion primitive propre à chaque planète. Elle montre aussi que la formation du système a été successive, les planètes les pus éloignées étant les plus anciennes et les satellites étant plus modernes.
De ces considérations, il ne faut pas conclure que la stabilité de notre système soit absolue. Nous savons, en effet, que par la seule résistance du milieu général notre système doit, à la longue, se réunir à la masse solaire dont il s'est séparé,' jusqu'à ce qu'une nouvelle dilatation de cette masse vienne' dans l'immensité des temps futurs, organiser de la même manière un monde nouveau destiné à fournir une carrière analogue. Toutes ces alternatives de destruction et de renouvellement se produiraient, d'ailleurs, sans influer en rien sur les phénomènes les plus généraux, occasionnés par l'action mutuelle des soleils ; en sorte que ces révolutions de notre système, si vastes que notre esprit peut à peine les concevoir, ne^ seraient cependant que des événements secondaires et même locaux, par rapport aux transformations vraiment universelles. Il n'est pas moins remarquable que rhistoiie naturelle de notre monde soit, à son tour, aussi certainement indépendante des changements les plus profonds que puisse éprouver tout le reste de l'univers ; à tel point que, fréquemment peut-être, des systèmes entiers se développent ou se condensent dans d'autres régions de l'espace sans que notre attention soit seulement attirée vers ces immenses événements.
L'objet que j'avais en vue dans cette exposition de la philosophie astronomique sera atteint si j'ai fait nettement ressortir, quant à la méthode et quant à la doctrine, le vrai caractère général de cette admirable science, fondement immédiat de l'ensemble de la philosophie naturelle. Nous avons vu comment l'esprit humain a pu, à l'aide des recherches géométriques et mécaniques, et avec le secours de l'instrument
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LA PHILOSOPHIE POSlTIVi:
mathématique constamment perfectionné, parvenir à une précision et à une rationalité supérieures à celles que comporte toute autre branche de nos connaissances. Les divers phénomènes de notre système sont désormais numériquement appréciés, comme les différentes faces d'un même fait général, rigoureusement défini, et continuellement reproduit sous nos yeux dans les phénomènes terrestres les plus communs ; en sorte que le but llnal de toutes nos éludes positives, la juste prévision des événements, a été atteint aussi complètement qu'on puisse le désirer, tant pour l'étendue que pour la certitude de cette prévision. Nous avons vu comment celte science a contribué à affranchir irrévocablement l'esprit humain de la tutelle Ihéologique et métaphysique en montrant que les phénomènes les plus généraux sont assujettis à des relations invariables et que l'ordre du ciel est nécessaire et spontané. Cette considération appartient plus particulièrement à la dernière . partie de cet ouvrage, mais il importait d'indiquer ici comment le développement de la science astronomique nous a graduellement conduits à substituer désormais à l'idée chimérique d'un univers destiné à notre satisfaction passive, la notion rationnelle de Thomnie, intelligence suprême parmi toutes celles qu'il peut -onnailre, modifiant à son avantage, entre certaines limites déterminées, le système des phénomènes dont il fait partie par un sage exercice de son activité dégagée de toute terreur oppressive, et dirigée par une exacte connaissance des lois naturelles. Enfin, nous avons vu que le champ de la philosophie positive est tout entier compris dans les limites de notre système solaire, l'étude de l'univers étant essentiellement inaccessible.