LES ANTÉCÉDENTS : PIÉTISME ET RATIONALISME
aucune d'elles. Cet accord, s'il pouvait susciter des objections théoriques, avait du moins l'intérêt de donner en exemple une conscience ouverte également aux nécessités de la pensée scientifique et à un sentiment en quelque sorte direct et populaire de la vie morale et religieuse. Scliultz n'était pas sans doute le seul, ni le premier à essayer une conciliation de ce genre ; à Halle, Sigm. J. Baumgarten, le frère aîné du philosophe, en avait eu la pensée: mais il n'était, à vrai dire, ni complètement piéliste, ni complètement wollFien. Schultz, au contraire, acceptait tout l'essentiel du piétisme, notamment l'idée du réved des àmcs et de la conversion subite, que Baumgarten repoussait, et d'autre part il adhérait entièrement à l'esprit et à la méthode de la philosophie de WoliT. Par là il ajouta de lui-même à la doctrine et aux croyances qu'il avait faites siennes, et ce qu'il contribua à propager fut original. A quel point il entrait dans le sens de la discipUne >volffienne. on le voit par le propos piété à WollT : (( Si quelqu'iiu m'a jamais compris, c'est Schultz deKœnigsberg » ; et ilippel qui rapporte ce témoignage disait de lui à son tour : (( Cet homme extraordinaire m'apprenait à connaître la théologie sous un tout autre aspect ; il y introduisait tant de philosophie (juc l'on ne pouvait s'empêcher de croire que le Christ et les Apôtres avaient tous étudié sous Wolir, à Halle'. » Au lait, tandis que Lysius dénonçait encore volontiers la corruption de la raison, Schultz s'appliquait à montrer que si la raison est incapable de découvrir par elle seule les vérités de l'Evangile, son impuissance là-dessus résulte non pas d'un état de perversion radicale, mais de la nature môme de ces ventes qui sont hors de la portée de notre connaissance. La raison n'est rennemle de la foi qu'autant cpi'elle repousse de parti pris ce qui ne peut pas être saisi au moyen de ses concepts; mais comme puissance naturelle d'atteindre le vrai, elle