‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 121 sur 345 · I. ITT, p, 320 ; p · texte numérisé non relu

I. ITT, p, 320 ; p

ô. B. Seligkowitz, Causa sui, causa prima et causa essendi, Archiv fiir fi('scliichte der Philosphie, V, p. 32Ç). — Wundl, Kants kosmoloi^ische Aiitifi'>!niefi, Philosophische Studion. Il, p. 517.

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der celle dillereiice, Kani en développe coinplaisainmenl le sens. Le propre de la causalité libre, c'est de n'être soumise à aneniie délerniinalloii de temps, car le temps est la condition des phrnomènes, non des choses en soi, c'est par suite d'être innnuahie, de n'avoir rien en elle qui naisse ou meure, de pouvoir commencer d'elle-même ses elTets dans le monde sensible, sans ([ue 1 action commence en elle ; tandis que le propre de la causabté naturelle, c'est de ne rien comporterqui commence absolument et de soi-même une série, c'est, en disposant tous les événements dans le tenq)s, d'exiger pour chacun d'euv une condition nécessaire antécédente, qui exclut toute action vraiment piemière.

Or toute cause agissante doit avoir ce que Kant appelle un caractère, c'est-à-dire une loi de sa causahté sans laquelle elle ne serait pas cause ; en lanl cpie doué de causalité li!)re, un sujet a un caractère inteUigible. tandis qu'il a, en tant que pliénomèn(\ un caractère empirique; par son caractère empiricpic. un sujet est une partie du inonde sensible, et ses actions sont des eilets qui découlent inévitablement de la nature: par son caractère intelhgible. il est iiidépendant de toute inlluence de la sensibiHté et de toute délerminalion phénoménale. Cette conception d'un double caractère paraît être [)rimordialement chez Kant toute spéculative: le caractère intelligible rappelle d assez près les essences réelles de la métaphysi(pie rationaliste, et le caractère empiriipie se rapporte à lui exactement comme le phénomène théoricpiement explicable se rapporte à la chose en soi'. Maiskanl. surtout (piand d cherche à illustrer pratiqueuïent cette conception des deux caractères, tend à déterminer dans un autre sens le rapport qui les lie : tout en posanl pour la raison la nécessité de se manilester par un caractère empiiicpie. il l'ait de ce caractère empiri(pie, non pas l'expression dvt^ lois naturelles, mais le

schèine du caractère intelligible : ce que le caractère enqjiricnie a de constant à ce point de vue ne tient pas à l'uniformité des conditions phénoménales, mais à l'unité de la iè<de par la([uelle se traduit la causalité de la raison ': il y a donc un rapport pratique des deux caractères qui se délinit sous leur rapport spéculatif : mais c'est le rapport spéculatif qui. selon la marche de la pensée kantienne, est

premier.

De la sorte, sous l'idée métaphysique des choses en soi et de leur rapport avec les phénomènes, se développe une interprétation de la causalité du vouloir humain, déterminée d'un coté par cette idée, de l'autre par ce que contient de nouveau la conception criticiste. Comme l'originalité de la conception criticiste est déjà dans la façon de distinguer le monde sensible et le monde intelligible, elle apparaît encore dans la façon d'établir la communication des deux mondes : tandis que les doctrines métaphysiques restaient einlKurassées dans leur eilort pour relier la causd su'i ou les essences réelles à la réalité donnée, qu'elles recouraient à des explications vainement subtiles, Kant découvre dans la volonté la faculté qui, au lieu de repiésenter cette liaison, l'accomplit : par là, on peut dire (|u'il soustrait son platonisme aux objections d'un Aristote : il se défend d'inventer des symboles plus ou moins arbitraires pour expliquer le passage du transcendantal à 1 empirique ; il les remplace par le /a// de la démarche pratique qui enveloppe une raison capable, non pas de comprendre par connaissance l'origine des actes, mais d'en être elle-même l'origine. Dès lors, si les concepts métaphysiques dont il est parti n'ont pas subi en eux-mêmes de transformation radicale, s'ils pèsent encore de tout leur sens traditionnel sur le sens nouveau qu'ils peuvent recevoir de leur application immanente, c'est par une tout autre méthode qu'ils se vérifient et se fournissent un contenu.

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Donc sans conlrediic en rien les lois de la causalité naluielle, il est permis dadmetlre, ne ftl-on en cela qu une fiction, que parmi les êtres du monde il en est qui audessus de leurs facultés sensibles, ont une laculté intellectuelle cest-à-dirc une faculté de se détciininer à l'action, non pas sous des inducnces empiriques, mais uniquement par clés principes de l'entendement. « Appliquons cela a l'expérience ' . » Nous voyons alors ce qui lait de cette fiction une vérité. L'homme, ainsi que toutes les autres choses de la nature, est soumis, dans ses actions, aux lois de la causalité cmpiri(iue : seulement, tandis (luc pour les êtres inanimés et même pour les êties vivants, il n y a pas lieu de concevoir d'autres facultés que les facultés déterminées par des objets sensibles, pour l'homme, il y a heu d'inv-ocnier son litre de « sujet transcendanlal » d « objet intelligible » ; car Ihomuie qui ne connaît la nature que par ses *ens se connaît lui-même par aperception dans des déterminations intérieures (p.i ne peuvent être rapportées aux impressions du dehors: il a ces facultés que Ion appelle entendement et raison : et la raison surtout, en cequ elle n est pas astreinte comme l'enlendement à se contenter d un usage empirique de ses idées, autorise à faire valoir en lu.

l'être en soi ".

Mais tandis que la causalité des choses en soi par rapport aux phénomènes restait, dans son acception générale, uniquement justifiée par l'axiome métaphysique qui réclame pour les phénomènes empiriques un fondement transcendanlal, la causalité de la raison, expression déjà plus immanente de la chose en soi par rapport à ces phénomènes paiticuhers qui sont les actions humaines, est certifiée, dans une acception pour nous très définie, par le sens et la portée des impératifs pratiques. Ces impératifs pratiques supposent le devoir-être (f/as SoUen), au lieu que lentendement theo-

LA CRITIQUE DE LA RAISON PLRE

rique ne peut prétendre à connaître dans la nature que ce qui a été, est, ou sera ; en d'autres termes, ils impliquent un rapport de nos actions, non pas à d'autres phénomènes qui les conditionnent, mais à de purs concepts. Sans doute, les actions en rapport avec ce qui doit être, avec de purs concepts, ne se réalisent empiriquement que sous l'empire des circonstances naturelles ; seulement ces circonstances ne concernent pas la détermination de la volonté en ellemême : elles n'ont trait qu'aux phénomènes qui la tradui- (luisent. Ainsi la raison, en tant que productrice de concepts et de principes, est douce de causaUté ; tout au moins devons-nous, pour expliquer le sens des impératifs, nous la représenter comme telle \

Celte causalité de la raison apparaît donc en ce que la volonté procède selon une règle indépendante des lois de la causalité empirique ; elle n'est pas garantie uniquement par la valeur morale de cette règle. Même l'apparente adoption des maximes suggérées par la sensibilité implique leur subsomption sous une règle par pur concept ; elle fait donc intervenir la causalité de la raison, a Que ce soit un objet de la simple sensibihté (l'agréable) ou un objet de la raison pure (le bien), la raison ne cède point au principe qui est donné empiriquement : mais elle se fait à elle-même avec une parfaite spontanéité un ordre propre selon des idées auxquelles elle va adapter les conditions empiriques, et d'après lesquelles elle considère même comme nécessaires des actions qui cependant ne sont pas arrivées et peut-être n'arriveront pas, en supposant néanmoins de toutes qu'elle possède la causalité à leur égard, car sans cela elle n'attendrait pas de ses idées des effets dans l'expérience ^ » Tous les impératifs, quels qu'ils soient, fournissent donc la preuve immanente d'un caractère intelligible dans l'homme, sans préjudice, bien entendu, de la

3Cin"ï.:

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LA CRITIQUE DE LA RAISON PURE

détennination rigoureuse ù lac,uelle sont sounus les aetes t on caraclèrr empirique, et cpi peniieltrait avec une !^lUsante counaissauee des eonditious cpu les précèdent ou ^stcouipagueut, de les prédire avee eeiiaude. Ks -ee a

nn ^vuta-e dans l'explication de la volonté huconimc un paiiaf^t uan» i ,.o„c.dllo

,aaine> Faut-il dire qu'il y a un concours le la causalité omn inue et de la causalité transcendantale pour deter- Zr lésantes volontaires :> NulleinenL . L'on n envisage Xt l^ causalité de la raison comme une sorte de conïo i ma- on la considère omme complète en elle-même Xs nuMueque les mobdes sensibles ne Im seraient poin t out tlivoilhles, mais tout a (ait contraires \ » C est ams e le dualisme. dai>ord purement spéculatif, de la clio.e î" oi et des phénomènes incline à revêtir une autre iorin.. U devenir le cUialismede la raison en tant^iu elle est par lleméne capable <le produire des actes, et de la raison en tant " 2 ulvaille pir l'entendement à les l^ire rentrer sous /e lois de la nature, de la raison pratique et de la ra.son léonque. U peut d<.nc être question d'une i^^eine et su lisant ausali té de la raison dans les actes volon aires ; les causes naturelles et empiriques, telles que lentendemenl

les détermine, ne sont pratiques à aucun degré.

Wi de plus en plus la notion de la chose en SOI se

,^, <les applications qui la .approelient davantage de ce C^—nt de réalité oHbrt par la volonté Immauie^

e s-approprie à cette idée de premier commencement tl enLtl rigueur, ne convient pas plus au inonde m- S.ible qu'au uionde sensible. Dans le monde sensible nJaet «Lune action donnée (parce que toute action n ut être perçue que comme phénomène) ne saurai! con mencer d'elle-même absolument ». Dans le monde mtolli</ible (( il n'y a ni avant, ni aprcs. et toute action est, :& au rapport de temps où elle se trouve

avec d'autres phénomènes, lelVet immédiat du caractère

intelligible de la raison pure Cette Hberté de la raison,

on ne peut pas la considérer seulement d'une façon négative comme l'indépendance à l'égard des conditions empiriques (car alors cesserait la faculté qu'a la raison d'être une cause de phénomènes), mais on peut aussi la caractériser d'une manière positive comme une faculté de commencer d'elle-même une série d'événements, de telle sorte qu'en elle-même rien ne commence, mais que comme condition inconditionnée de tout acte volontaire, elle ne souffre sur elle aucune des conditions antérieures quant au temps, bien que son effet commence dans la série des phénomènes, mais sans pouvoir y constituer jamais un commencement absolument premier'. » Ainsi, bien que dans le monde des choses en soi, rien strictement ne commence, l'idée de premier commencement est tout à fait légitime dans son application à la causahté du vouloir : elle exprime cet usage analogique de la raison, dont parle Kant ailleurs, et qui consiste à interpréter la réalité empirique comme si elle devait répondre aux exigences des idées. (( Dans le cas où la raison même est considérée comme déterminante (dans la hberté), par conséquent dans les principes prali(|ues, nous devons faire comme si nous avions devant nous, non un objet des sens, mais un objet de l'enlendementpur, où les conditions ne peuvent plus être posées dans la série des phénomènes, mais hors d'elle, et où la série des états peut être considérée co/nme si elle commençait absolument (par une cause intelhgible)'. » Dans un monde de phénomènes, qui, soumis aux lois de la causahté naturelle, ne comporte que des commencements relatifs et conditionnés, les actes volontaires doivent être traités comme s'ils étaient des commencements absolus et inconditionnés.

Et c'est ainsi que les traite le jugement moral. « Pour éclaircir le principe régulatifde la raison par un exemple

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