LA CRITIOIF. DE I, V RAISON PIRE
de l'expérience ne repose pas sur les phénomènes euxmêmes (sur la sensibilité toute seule), mais sur l'enchaînement de ce qu'il y a de divers en eux par l'entendement (dans une aperception), et qu'en conséquence l'unité de la suprême réalité et de la complète déterminabilité (|)ossibililé) de toutes choses semblent résider dans un entendemcjit suprême, par suite dans une intelligence '. » Kant, selon une tendance dont nous verrons d'autres effets dans la conslilution de son système moral, ne s'en tient pas à ce que Ion pourrait appeler le formalisme vide de 1 idée : il est convaincu que l'idée tend à conquérir, selon une déduction pi^ogrcssivc, des déterminations de plus en plus riches, en rapport seulement avec lusage positif de nos facultés.
Ainsi l'usage de l'idée théologique est avant tout dans la supposition a priori d'un ordre des fins tel qu'une intelligence peut le concevoir et le fonder , et grâce auquel, dans la nature même, une voie s'ouvre à la volonté pratique et à la moralité. Mais ce qui laisse à cette supposition, prise dans son sens général, un caractère hypothétique, c'est qu'elle ne nous confère pas la puissance de déduire le particulier de la règle universelle : elle énonce comme un problème la tâche de l'v ramener : de là, dans la relation de l'ordre des fins a l'alfirmation de Dieu, un certain caractère de subjectivilé : on satisfait par là à un intérêt de la raison. Mais s'il existe des règles universelles de la raison, posées (i priori, dont le particulier doive se déduire (et il en existe,
ont bien montré comment la théorie de la finalité dans la Critique du Jugement n'a fait que ilévcloppor le sens de la troisième idée Iranscendantale. Qu'implifpic on eirct ridéal transcendantal de la raison spéculative.-^ D'abord l'absolue délcrmiiiabililc'î des choses; ensuite et en conséquence leur rapport à l'idée d'im tout de la réalité; enfin le schéme d'une intelligence par laquelle on atteint la plus haute unité formelle. Or la notion de finalité, selon Kant, a pour objet d'établir riiilelllgibilité du réel dans ses formes particulières les plus éloignées de la généralité du mécanisme ; elle pose l'idée du tout comme condition de l'existence des parties; et elle enveloppe l'affirmation d'une intelligence par lacpiclle seule nous pouvons expliquer l'appropriation de la nature à nos facultés de connaître.