‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 129 sur 345 · I. III, p · texte numérisé non relu

I. III, p

LA (KiTiorr Di: f,\ rxîson pire

suprême qui la fonde. Il paraît sans doute se rapproclier ailleurs davantage de sa future doctrine des postulats quand il invoque rexisleiice de Dieu, pour expliquer, non pas la force obligatoire intrinsèque des lois morales, mais leur force obligatoire pour nous et leur efficacité comme mobiles ' : mais là encore la dinérence n'est pas rigoureusement marquée entre leui* autorité directe et l'autorité en quelque sorte additionnelle qu'elles reçoivent de l'affirmati(^n de Dieu. La façon dont la loi morale oblige et nous oblige reste encore insuffiisamment définie : il faudrait pour l'éclaircir un principe, qui deviendra plus tard le principe par excellence : la pensée de Kant y tend ; mais elle ne l'a pas dégagé.

Jusqu'à quel point la pbilosopbie de la raison pure détermine- t-elle la doctrine morale dont elle a réservé ou garanti la possibilité.^ Une fois découverte la signification pratique des idées transcendantales, peut-on en faire le point de départ d'une déduction des principes moraux.^ Ou bien les principes moraux peuvent-ils être aperçus dans leur ordre d'application propre, sans que la Critique ait d'autre objet que de les laisser en toute liberté déployer leur sens et établir leur empire sur la vie liumaine? Dans le premier cas, l'ex tension de la métliode de la Critique rendrait plus manifeste l'unité essentielle de la raison dans la diversité de ses usages ; elle donnerait à la morale une certitude comparable à celle de la pbilosopbie transcendantale, elle répondrait mieux à cet idéal rationaliste qui, depuis 1 770, avait expressément reconquis l'esprit de Kant. Dans le second cas, l'approfondissement direct des prescriptions morales et des croyances qui y sont liées permettrait mieux d'en comprendre les traits spécifiques et risque-

Page 1