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rail moins d'en altérer le naturel : et cette mise à part de la morale répondrait assez aux laçons de voir plus anciennes que Kant devait surtout à llnlluence de Uousseau. Maintenant c'était surtout Tidéal rationaliste systématicpie qui était le plus fort : mais il était d'autant moins capable de se réaliser dans son intéirrité (|ue pendant plus longtemps la pensée de Kant avait considéré la valeur des conceptions pratiques comme indépendante de toute organisation rationnelle. Aussi la Crififjuc de hi Raison pure, outre (pi'elle déclare la morale étrangère à la philosophie transcendantale ', présente-t-elle dans le cha|)itre II delà Mélhoilolofjic une esquisse de philos(q)hie morale et religieuse ([ui, sur certains points, est en désaccord ou ne concorde qu'extérieurement avec les tendances et les conchisions de la D'ialectifjne: en maint endroit on remonte, semble-t-il, vers les conceptions et les formules des Leroiis sur la Méiaphysiqne '\
D'abord l'intérêt spéculatif des idées de la raison y est considérablement atténué au prolit prescpie exclusif de leur intérêt pratique: la liberté du vouloir, linnuortalité de l'àme et l'existence de Dieu y sont conçues comme les fins
I. (( Tous les concepts pratlcjues se rappoiientà îles objets de satisfaclion ou d'aversion, c'esl-à dire de i>laisir ou de peine, par suite, au moins indireclcnient, à des objets de notre sentiment. Nïais coirune le sentiment n'e^t pas une faculté représentative des clioses et qu'il est en debors de la faculté de connaître tout entière, les éléments de nos jugements, en tant qu'ils se rapportent au plaisir ou à la peine, a[)parlionnont par conséquent à la pbiiosopbie pratique, non h la i)bilosopbie transrendantaie en son ensend)le, laquelle n'eadairo qu'à des connaissances pures a priori. » III. p. 5 n() -").'>(), note. V. p. ;)33. — u Bien que les principes suprêmes de la moralité, ainsi que ses concepts fondamentaux, soient des connaissances a priori, ils n'appartiennent pourtant pas à la pbiiosopbie transcendanlale ; car les concepts du plaisir et île la peine, des désirs et «les inclinations, de la volonté de cboisir, etc., qui sont tous d'origine empiri<pie, devraient y être |)résupposés. » lit, p. 5i, N . la modification qu a subie ce dernier passage dans la deuxième édition. — Clf. Vaibinger Commentur, I, p. \H^, p. 36i
•2 Par son contenu tout ce cbapitre n de la Méthodologie, sauf peut être en qiiclques passages mis au point de la Critique, semble être un morceau antérieurement composé. C'est à cette conclusion qu'arrive aussi, après une analyse d'une extrême minutie, Albert Scbvveitzer, Die Ueligionsphilosophie kaiils \'on der Kritik der reinen Vernuiip bis zur Religion, etc., 1899,
L\ CRITIQUE DE L\ RMSON PURE
suprêmes de la raison dans leur expression en quelque sorte naturelle, sans être enveloppées dans le système général des idées. (( Ces trois propositions demeurent toujours transcendantes pour la raison spéculative, et elles n'ont pas le moindre usage immanent, c'est-à-dire recevable pour des objets de l'expérience, et par conséquent utile pour nous de quelque manière; mais considérées en ellesmêmes, elles sont des efTorts de notre raison tout à fait oiseux et par surcroît encore extrêmement pénibles '. » Au reste, le caraclère restrictif de la CrUiqae est surtout marqué : (( Le plus grand et peut-être l'unique profit de toute la philosophie de la raison pure n'est sans doute que négatif; c'est qu'elle n'est pas un organe qui serve à étendre les connaissances, mais une discipline qui sert à en déterminer les limites, et au lieu de découvrir la vérité, elle n'a que le mérite silencieux de prévenir des erreurs ". » S'il y a un canon de la raison pure, c'est-à-dire des principes a priori de son légitime usage, il ne peut se rapporter qu'à des déterminations pratiques.
Mais l'essence de ce qui est pratique ne se comprend pas ici de la même façon que dans la Dialectique. « Est pratique, dit Kant, tout ce qui est possible par la liberté '. » Soit : seulement la liberté n'apparaît ici ni comme une idée, ni comme relevant positivement d'une idée. Tandis que la Dialectique, tout en maintenant un certain duahsme entre la liberté transcendantale et la liberté pratique, affirmait cependant, comme une chose à remarquer, « que c'est sur l'idée transcendantale de la liberté que se fonde le concept pratique de la liberté \ » la Mét/iodolor/ie expose que « la (picslion relative à la liberté transcendantale concerne seulement le savoir spéculatif», que « nous pouvons la laisser de côté comme tout à lait indiiïerente quand il s'agit de