‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 132 sur 345 · I. III, p · texte numérisé non relu

I. III, p

sensible de désirer ^ . » Quelque relation qu'elle ait avec la raison, cette liberté qui s'en inspire pour savoir ce qui, par rapport à nous, mérite d'être désiré, « ce qui est bon et profitable », n'est que la liberté fondée sur la clarté intellectuelle des motifs ; c'est donc par une superposition assez injustifiée que Kant passe de la raison qui nous instruit sur les meilleurs objets du désir à la raison qui promulgue des lois pratiques pures, nettement distinctes de tout commandement empiriquement conditionné" : lois de la liberté vraiment objectives, exprimant ce qui doit arriver, tandis que les lois naturelles ne porteut que sur ce qui arrive^. (( J'admets qu'il y a réellement des lois pures, qui déterminent entièrement a priori (sans tenir compte des mobiles empiriques, c est-à-dire du bonlieur) ce qu'il faut faire et ne pas faire, c'est-à-dire l'usage de la liberté d'un être raisonnable en général, que ces lois commandent absolument (et non pas seulement d une façon liypotliétique sous la supposition d autres fins empiriques), et qu ainsi elles sont nécessaires à tous égards. Je puis supposer à bon droit cette llièse en m autorisant, non seulement des preuves fournies par les moralistes les plus éclairés, mais encore du jugement moral de tout liomme, quand il veut se représenter clairement une loi de ce genre \ » Ces lois morales pures témoignent de la puissance qu'a la raison de faire plus qu'unifier en des formules pragmatiques des maximes empiriques de prudence, de constituer une unité systémati(jue absolue des actes bumains.

Mais entre ces lois pures et la liberté pratique, telle que Kant l'a entendue, quel rapport peut-il y avoir? Une certaine bélérogénéité subsiste évidemment, et ne pourrait être elTacée que si, dans la liberté pratique, la faculté de se déterminer indépendamment des impulsions sensibles était

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