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LA CRITIQUE DE LA RAISON PURE
pure comme la loi, c'est-à-dire inconditionnée. Mais il faut dire que la loi morale n'est peut-être pas conçue jusqu'au bout absolument pure. Si en effet, à la différence des lois pragmatiques, elle ne se définit pas pour nous par le boniiour. elle se définit tout au moins par le droit au bonheur '. Elle peut se traduire en celte formule : fais ce qui peut te rendre digne d'rtre heureux '\ Et ainsi, bien que le bonheur ne soit pas posé comme l'objet, ni comme le mobile immédiat de la volonté, la représentation en reste cependant assez étroitement liée à l'idée de l'action bonne, au point même de concourir par une iniluence subalterne à la vertu de la loi morale pour la rendre efficace. La hmilation de la liberté ici admise à la liberté pratique rendrait en effet paradoxale, sans quelque autre appui, la puissance souverainement déterminante de la loi morale, « qui est une simple idée ^ ». Aussi dans la suite des questions auxquelles se ramène tout l'intérêt spéculatif et pratique de la raison : que puis-je savoir? que dois-je faire? que m'est-il permis d'espérer? la dernière question se rattache à la seconde, non pas seulement pour surajouter à l'obhgation certaine et suffisante de la loi morale une pensée de satisfaction finale, mais pour donner à cette obligation une force pratique, et même une sorte de justification '. (( Tout espoir tend au bonheur et est à l'ordre pratique et à la loi morale juste ce que le savoir et la loi de la nature sont à la connaissance théorique des choses '. » Ainsi la conception de la loi morale est fondée sur la conception du souverain bien, c'est-à-dire d'une juste proportion entre la vertu et le bonheur.
Or comment se représenter l'établissement de cette juste