‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 14 sur 345 · Dans Ilollmann, loc. cit., p · texte numérisé non relu

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LES A^TECEDE>TS I PIETISME ET RATIONALISME

formes appropriées aux multiples fonctions qu'il occupait. Si sa grande autorité n'était pas sans causer quelque ombrage, et même sans paraître oppressive à quelques-uns, elle ne rencontra pas cependant d opposition sérieuse jusque vers 17/10. L'avènement de Frédéric le Grand, adversaire très décidé des piélistes, parut fournir aux orthodoxes Toccasion longtemps attendue dune revanche : un 'prédicateur en renom, Ouandt. se mit à leur tête pour demander l'expulsion de Schultz et de ses partisans ; la sottise des griefs articulés dut contribuer à l'échec de la requête. Pourtant aux élections pour le rectorat (|ui suivirent, Quandt fut préféré à Schultz. Ce qui fut beaucoup plus grave que cet amoindrissement d'abord peu sensible d'influence, ce fut la lutte que Schultz eut à soutenir contre Fischer. Autorisé après bien des vicissitudes à rentrer à kœnisberg moyennant promesse de soumission à la vérité chrétienne, Fischer n'avait pu s'empêcher, au moment qui lui avait paru propice, de rompre le pacte par la publication d un ou\ rage, où sous prétexte de développer le Avolffianisme, il combattait ou dénaturait des dogmes tels que celui de chute, celui de la divinité du Christ, 011 il énonçait des thèses très proches du spinozisme. Schultz dut provoquer les poursuites qui aboutirent à la condamnalion et à l interdiction du livre. Ce fiisant, il restait fidèle à sa manière de concevoir les rapports du rationalisme wolffien et de la religion : mais sa victoire attestait plus la survivance de son crédit moral que la solidité durable de son (l'uvre intellectuelle. \jG rationalisme philosophique se manifestait auprès de lui non plus comme un allié, ni comme un voisin indilTérent, mais comme un ennemi de la foi. Visibl'Mnent, il allait être engagé dans l'inllexible déduction de ses consé([uences par un mouvement d'opinion plus fort que les censures officielles de quelques théologiens. La rentrée en scène de Fischer était bien le signe de temps nouveaux.

Toutefois, la pensée de Schultz avait marqué de fortes

empreintes ; parmi les esprits qu'elle avait profondément pénétrés se trouvait ce Martin Knutzen qui fut à l'Université le maître préféré de Kant'. Ainsi que Scliultz, Knutzen se proposait l'accord de la doctrine de A\ ollT et du piétisme; seulement, tandis que Schultz était surtout un théologien qui inclinait vers la philosophie, Knutzen était surtout un philosophe qui inclinait vers les problèmes religieux. Dune curiosité plus libre et d'un tempérament moins porté à l'action, il considérait également le christianisme et les vérités morales qui en découlent comme pleinement compatibles avec les conclusions de la recherche spéculative. Sa dissertation de aeternilale mundi impossibili (1733), évidemment inspirée par Schultz, exprimait surtout les réserves du chrétien en un sujet sur lequel Wollf avait inquiété les consciences ; mais elle usait plus de l'argumentation philosophique que de l'argumentation théologique. Dans sa Commentailo philosophlca de commercio mentis et cor par is per inflaxain pliysicam explicando (1735), il abordait l'examen de cette idée leibnizienne de riiarmonie préétablie qui, mal interprétée et faiblement défendue par Wolff, avait été pourtant retournée contre lui par ses adversaires piétistes comme inconciliable avec cet enseignement de la foi par la prédication et l'audition dont parle saint Paul. Malgré l'interdit qui pesait encore sur A\g11T et sa doctrine, malgré la puissance des raisons qui lui faisaient dans ce travail même préférer l'idée de l'inllux physique à celle de l'harmonie préétablie, Knutzen ne s'en donnait pas moins pour un disciple de Wolff. Mais c'était en toute indépendance d'esprit qu'il s'attachait à la philosophie wolflîenne ; l'étude très étendue qu'il avait faite des diverses sciences, la connaissance approfondie qu'il avait notamment de la physique newtonienne le poussaient à plus d'une dissidence, et la deuxième édition de sa Cornmentatio de commercio mentis et corporis parue en 1745

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