‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 15 sur 345 · I. Benno Erdmann, op. cit., p. i-io, p · texte numérisé non relu

I. Benno Erdmann, op. cit., p. i-io, p

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LA PHILOSOPHIE PRATIQUE DE RA^iT

LES \M ECEHENTS : PIETISME ET IIATIONAF.ISME

SOUS le titre de Syslema cansariim ejficienilam achevait de déterminer une notion de la causalité qui rapprochait les conceptions de Leibnilz de celles de Newton. Pour ce qui était dos questions religieuses, il les traitait en se servant de Wolir à la façon de Schultz. Sa iJénionslralion pJdlosop/iifjue de In vérité de la reUcjion chrétienne (17^0) qui vise particulièrement les déistes anglais, Toland, Tindal, est conduite selon la méthode géométrique; elle se développe par définitions, théorèmes et corollaires. Mais le contenu révèle encore plus que la forme le rôle important attribué à la raison. C'est en elTet la raison qui est chargée d'établir la nécessité d'une révélation divine, et qui l'étabht par la reconnaissance des caractères que doit présenter pour nous délivrer du péché une expiation salutaire; les moyens purement humains, repenti)*, amélioration de la conduite, pratiques rituelles, sont insulïisants. Ce qu il faut, c'est un acte expiatoire qui soit adéquat à l'infini de la faute, qui relève par là la créature déchue, et dont la pensée, constamment renouvelée en l'homme, soit cfTicace pour le détourner du mal. La révélation enseigne, avec le mystère de la rédemption, ce (|ue la raison réclame tout en étant impuissante à le concevoir. Ce n'est pas là seulement le fonds dogmatique du christianisme que Knut/en tente ainsi de justifier, c'en est aussi la signihcation morale, sous la forme spéciale dont le piétisme l'afTectait. La réalité du péché, la nécessité d'une régénération sont deux alTirmations essentielles à rintelhgence et à la direction de la vie. Mais, comme Schultz, Knutzen réprouve ces élans aveugles d'imagination et ces rafllnements maladifs de conscience auxquels trop souvent le piétisme se livrait; il condamne aussi énergiquement ces pratiques de mortification qui empêchent l'homme de servir Dieu et ses semblables ; il ne veut pas de contemplation quiétisle qui détourne d'agir.

Schultz et knutzen témoignaient donc de la possibilité d'unir les deux grandes dispositions entre lesquelles s'étaient ailleurs de plus en plus partagés les esprits : d'un

coté une foi religieuse susceptible de se convertir très directement en foi pratique et de s'exprimer par les actes de moralité les plus purs au regard même du jugement humain ; d'autre part, une acceptation sincère des droits de la raison appelée en garantie, non seulement des disciplines scientifiques, mais encore, dans une large mesure, de ce qui, dans les vérités révélées, dépasse notre entendement. A coup sûr, leur éclectisme discernait mal les principes qui pouvaient servir à marquer à la fois les limites rcspecti>es et l'accord des connaissances théoriques et des ailirmations religieuses ou morales : mais il enveloppait au moins un problème de portée considérable, dont le sens, s'il n'est pas entièrement dérivé d'eux, se rattache pour une bonne part à leur action, et dont le clair énoncé devait résoudre en la dépassant, non en la réduisant, l'opposition du piétisme et du rationalisme.

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