LA PHILOSOPHIE DE L HISTOHIE
dans la guerre, elle fait triompher un principe d'organisation juridique qui n'aura qu'à s'étendre pour limiter la guerre et finalement l'abolir. L'arbitrage qu'offrent spontanément les nations voisines qui, sans participer à la lutte, en subissent pour leur tranquillité et leurs intérêts le désastreux contre-coup, est comme l'essai d'institution de ce grand corps politique, sans modèle dans le passé, que composera la fédération des peuples'.
Tel est donc le développement de l'espèce humaine, et telle en est la fin. Cette union juridique des hommes, qui doit faire de chacun d'eux un citoyen du monde ", est l'idée sous laquelle l'histoire universelle doit être traitée, si l'on ne veut pas que la suite des événements qui en sont la matière ne soit qu'un chaos, en complète opposition avec l'ordre qui règne partout ailleurs. En outre, toute tentative philosophique pour la traiter de la sorte, en nous donnant une conscience plus nette de l'idée qu'elle aspire à dégager, en favorise l'avènement et concourt de la sorte aux intentions de la nature \ Mais par rapport à cet idéal quel est l'état du temps présent? Nous avons, répond Kant, à un très haut degré cette culture que donncjit la science et l'art. Nous avons jusqu'au dégoût cette sorte de civilisation qui travestit l'idée de la moralité dans la dignité extérieure du point d'honneur et dans la politesse conventionnelle des relations sociales. Mais il nous manque cette éducation vraiment morale, faute de laquelle tout n'est qu'apparence et que misère, mais que les Etats sont peu portés a favoriser, parce qu'elle n'est possible que par un libre usage de la raison et qu'ils voient dans ce libre usage de la raison une res-