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LA PHILOSOPHIE PU VTIOI E DE KA>T
triction intolérable à leur autorité'. Serait-ce donc que le conflit est inévitable entre la puissance légitime de l'Etat et
le légitime exercice de la raison ?
C'est à cette question que Kant répond dans l'article où il s'associe, en l'expliquant, à 1 esprit de son temps qui réclame des lumières". A dire vrai, le seul obstacle aux lumières ne vient pas du despotisme des gouvernements. La paresse, l'indolence, le goût des habitudes contractées, le respect des traditions et des formules nous font aimer cette servitudedans laquelle nous sommes quand nous nous en remettons à autrui du soin de diriger nos pensées. Il est si commode, quand il fiiudrait faire effort pour prendre possession de sa raison, d'accepter la tutelle et de donner procuration. Sapere auflel Aie le courage de te servir par toimême de ta raison : c'est la parole qui est le plus dillicile à faire entendre. Les préjugés restent forts et menaçants contre ceux qui, après les avoir partagés, s'en sont aHVancbis et veulent à leur tour en allVanchir leurs semblables. Au surplus, 1 action libératrice doit conqiter avec les circonstances, et ne saurait jamais être trop avisée, ('e n'est pas une révolution qui peut émanciper les esprits, car une rév olution ne rompt avec une espèce de préjugés que pour en produire une autre espèce: c est une réforme tout intérieure qu il faut, et qui ne peut être que lenle. C^eux qui la souhaitent et veulent la préparer n'ont à demander au pouvoir qu'une chose, la liberté.
(( Cependant j'entends proclamer de tous les côtés : ne raisonnez pas ! L'ollicier dit : ne raisonnez pas, mais faites l'exercice î Le conseiller aux finances : ne raisonnez pas, mais payez ! L'ecclésiastique : ne raisonnez pas, mais