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degré donc de culture où Tespèce humaîne se trouve encore, la guerre est un moyen indispensable de la conduire encore plus avant : et ce n'est qu'après une culture achevée (qui le sera, Dieu sait quand) que la paix perpétuelle nous serait salutaire, et ne serait d'ailleurs possible que par elle'. » De même, la brièveté de la vie est cause que riioinme s'abandonne moins à lui-même, qu'il surveille davantage, dans ses rapports avec autrui, les sollicitations dépravées de certains de ses penchants. En tout cas les maux dont nous nous plaignons ne sont imputables qu'à nous en tant qu'individus, et il y aurait injustice de, notre part à en accuser la Providence ; ils ne résultent pas d'un péché primitif qui se transmettrait comme une disposition héréditaire ; car des actioYis volontaires ne peuvent provenir de l'hérédité ; ils résultent du mauvais usage que chacun de nous fait de sa raison : dans l'histoire de la chute primitive nous reconnaissons notre propre histoire; en d'autres termes nous confessons, sondant nos cœurs, que dans les mêmes circonstances nous n'aurions pas agi autrement. A litre individuel, nous sommes donc bien les auteurs du mal dont nous subissons les conséquences: mais il ne suftlt point que par là la Providence soit mise hors de cause : il faut reconnaître qu'elle a tourné au bénéfice de l'espèce le mal accompli par l'individu".
Que l'on compare ce provide idiuUsmc à l'optimisme leibnizien que Kant tenait de son éducation philosophique et que naguère encore il juxtaposait à sa théologie morale : l'inspiration en est certainement tout autre. 11 résulte d'une application de la pensée rationaliste, non plus seulement à ce contenu de la religion naturelle qu'elle-même avait contribué à produire, mais au contenu de la religion positive : c'est un premier essai pour comprendre la rehgion dans les limites de la pure raison. Cependant la raison reçoit