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LA PHILOSOPHIE DE l'hISTOIRE 296
elle-même de cet objet nouveau une autre façon de se concevoir et de se déterminer ; au lieu de mettre hors d'elle les apparences du mal en les réduisant de plus en plus, elle se reconnaît comme la cause effective du mal réel, à la suite de sa rupture avec la nature. Mais en même temps elle s'est posé comme loi de ne tenir que d'elle-même le principe de son développement.
La philosophie de l'histoire a eu une extrême importance dans la constitution de la philosophie pratique de Kant. Issue d'observations exprimées dans les leçons d'anthropologie, elle avait été pour la plus grande part pubhée et en tout cas pleinement conçue avant la Grandlegung. Elle est une combinaison singuhère des influences que Kant avait reçues, et elle joue pour la morale kantienne un rôle médiateur entre les conceptions éparses de la période antecritique et le système critique de la raison pratique. Elle se présente d'abord avec toutes les apparences d'une spéculation métaphysique et, comme telle, elle ne peut qu'avoir beaucoup retenu de l'esprit rationaliste. De fait, elle pose, comme expression suprême de la finahté, la nécessité pour la raison de se réaliser ; elle admet en conséquence une loi de progrès qui gouverne les actions humaines, en dépit des motifs individuels dont elles résultent, et pour laquelle elle n'a pas craint, même plus tard, de prendre à son compte la formule stoïcienne : fata volentem ducant, nolentem tmhunt\ Cependant elle ne saurait être interprétée littéralement, comme si la Critique de la Rcdson pure n'avait pas été conçue avant elle ou en même temps qu'elle ; il serait donc inexact sans doute de voir dans cette loi des événements autre chose qu'un fd conducteur, comme le redit Kant, qu'une idée régulatrice ou une maxime : d'où