‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 169 sur 345 · Kritik der Urtheilskraft, V, p. 3i4-3i · texte numérisé non relu

Kritik der Urtheilskraft, V, p. 3i4-3i

2. Hoirding, liousseaus Jun/luss auf die defmilise Form der haniischen Ethik, Kaiilstudien, II, p. iG,

LA PIULOSOPIUE DE l'iUSTOIRE

l'autonomie de la volonté. En même temps la liberté transcendantale et la liberté pratique se relient, en un sens que la Critique de la Raison pure n'avait fait qu'indiquer: le véritable monde intclhgible, en fonction de la causahté de l'Idée, c'est la société des êtres raisonnables se réahsant sous les lois universelles qu'ils ont instituées. La vieille conception platonicienne prend, par l'intermédiaire de Rousseau, une signification pratique nouvelle.

Mais il y a une autre pensée que Kant doit à Rousseau, plus ou moins librement compris, et qui, mêlée à des impressions ou à des souvenirs de son éducation chrétienne et piétiste, a traversé, même quand il a cru la surmonter, sa doctrine morale : c'est la pensée d'un antagonisme entre la destinée de l'homme comme individu et sa destinée comme espèce'. A cette pensée est due ce qu'il y a de spécifiquement pratique dans son criticisme, l'opposition de la moralité et de la nature, et par là une bonne part du pessimisme que l'on a relevé dans sa philosophie'. Une doctrine morale doit avoir pour but la conciliation des deux destinées dilTéren les de l'homme, non par la méconnaissance du dualisme irréductible de la nature et de la raison ou par le rêve chimérique d'une nouvelle fusion de la raison dans lu nature, mais par la constitution du système intégral de la raison pratique. Ce système, sous le nom de loi morale, identifie à l'idée de l'impératif, tel qu'il s'impose à la conscience du sujet individuel, l'idée delà loi de l'humanité telle qu'elle a été dégagée des vues sur la fin de 1 espèce. D'où, dans le kantisme, deux tendances qui tra-

I. V. les objections que M. Renoiivier a faites, selon son criticisme, à 1 idée de ranlagonismc entre la destinée de l'individu et celle de l'espèce. Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Nouvelle édition, i8qG, î>. 37.

'2. V. Ed. von Hartmann, 7.ur Geschichie und Befjrïuuhing des Pessimismus, 2« éd., |). xv-xx, p. i6'|-i37; In welchem Sinne war Kant ein Pessimist, Philosophische Monatshefte, x.x, i883, p. fi6'i-\^o. — Yolkelt, Die pessiniistischen Ideen in der kanliscfien Philosophie, Beilage zur Allgemeinen Zeitung, 1880, M° Soi, no3o3 (27 et 29 octobre); Sc/io/jcn/iauer (FrommannsKlassiker), 1900, p. 200. ■

2f)8 I A PHILOSOPHIE PRATIQUE DE KA^T

vaillent à s'unir, mais qui s'accompagnent chacune d'un cortège d'idées assez différentes, la tendance éthico-juridique^etla tendance étliico-religieuse. La même philosophie de l'histoire , qui a déterminé la prépondérance de l'une d'elles dans la constitution d'une morale telle que la présente la GnmdlefjiUKj, a contenu aussi le principe de leur dualisme.

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