‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 182 sur 345 · ailiiiiger, Commentar, II, p · texte numérisé non relu

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4. La conclusion de la Critit/ue de la raison pratique rappelle avec une netteté (>articulière les oriirines, le sens et la portée de la méthode employée par Kant. kant vient d'écrire la phrase si souvent citée : « Deux choses remplissent l'unie d'une admiration et d'un respect toujours nouveaux et toujours croissants, à mesure que la rétlexion y revient plus souvent et s'y applique davantage : le ciel étoité au-dessus de moi et la loi morale en moi. » II ajoute donc un peu aprc'S : « Mais si l'admiration et le respect peuvent bien excitera la reciierche, ils ne sauraient en tenir lieu. Ou'y a t-il donc à faire pour instituer cette recherche dune manière utile et appropriée à la sublimité de l'objet? Des exemples peuvent ici servir d avertissement, mais aussi de modèle. La contemftlation du monde a conmicncé par le spectacle le plus magnifique que les sens de l'homme puissent présenter et que notre entendement, dans sa plus grande extension, puisse embrasser, et elle a fini — par l'astrologie. La morale a commencé avec le plus noble attribut (pii soit dans la nature humaine, et dont le développement et la culture otlrent en pers[)ecti\e des avantages infinis, et elle a lini — par l'exaltation visionnaire ou la superstition. Tel est le sort de tous les essais rudimentaires... Mais lorsque, quoiijue tardivement, la maxime fut venue en honneur de bien examiner préalablement tous les pas que la raison doit faire et de ne pas la laisser s'avancer autrement (jue par le sentier d'une méthode bien déterminée d'avance, alors la façon de juger du système du monde reçut une tout autre direction, et, avec celle-ci, obtint un résultat incomparablement plus heureux. La chute d'une pierre, le mouvement d'une fronde, décomposés dans leurs éléments et duns les forces qui s'y manifestent, traités malhémalitpiement, engendrèrent enfin celte vue claire et à jamais immuable sur le système du monde, qui peut toujours, par une observation constamment en progrès, espérer de s'étendre, mais qui n'a pas à craindre d'avoir jamais à reculer. Or cet exenq>le peut nous engager à suivre la même voie en traitani. des dispositions morales de notre nature, et nous faire espérer le même succès. Nous avofis pour ainsi dire sous la main les exemples de la raison jugeant en matière morale. En les décomposant dans leurs concepts élément;iire>, et en employant, à défaut (\v la méthode mal/témati(/ue, un procédé analogue à celui de la chimie pour arriver à séparer l'empirique d'avec le rationnel qui peut se trouver en eux, par des essais réitérés sur la raison commune des hommes, on peut nous faire connaître avec certitude à l'état pur l'un et l'autre de ces éléments, ainsi que ce que chacun d'eux est capable de

L'objet de cette analyse, ce sera ici le jugement commun des hommes en matière morale. Ce jugement offre à la raison métaphysique un point de départ aussi ferme, sinon d'abord aussi visiblement assuré, que l'expérience scientifique * ; il n'a pas en tout cas à être essentiellement réformé, pas plus qu'il n'a besoin d'être rapporté à un autre ordre de choses que celui qu'il enveloppe ; il doit conlenir eu lui-même le principe de sa certitude propre. En dépit de ce que prétend rintellectualisme. la vérité morale est directement accessible à tout homme ; tout homme peut la reconiiaîlre, dés que sa rétlexion est sollicitée, selon le procédé socratique, à la découvrir. C'est kant lui-même qui paraît rapprocher son œuvre de celle de Socrate', et l'on sait que ce rapprochement a été souvent fait". Mais si Socrate et

faire par lui seul ; ainsi on préviendra, d'un côté, l'aberration d'un jugement encore fruste et non exercé, de l'autre, (ce qui est beaucoup plus nécessaire), ces extravai^ances géniales qui, comme il arrive aux adeptes de la pierre philosophale, sans aucune investigation et aucune connaissance méthodique de la nature, promettent des trésors imaginaires et en font gaspiller de véritables. » V, p. 1G7-169. - Contre cette prétention de Rant à être le Newton de la morale, v. Gizycki, Die Etitili David H urne' s, 1878, p. vii-vm. Newton, dit Ciizvcki, n'a pas déduit la gravitation a priori', il l'a induite comme un fait général ; il unit étroitement l'expérience et la pensée ; Kant, au contraire, méconnaît les droits de l'expérience.

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