Cf. Die Iieli<iion, \ I, |>. i3o, p. i52, note
\. I\ . p. .i\6. — « Die llandiung, die nach diesem Gesetze, mit Ausschlicssung aller Beslimmungsgnnide aus Neigung, objectiv praktisch isl, heisst PIlichl. » Kritik der praktisc/ien Vemun/'t, V, p. 85.
5. Cl". Kritik der praklischcn Vernunfh V, p. 88, — Cf. Metnpliysih der Si tien : « Ce (pi'on ne fait pas avec joie, mais seulement comme une corvée, n'a aucune valeur morale interne pour celui qui obéit ainsi à son devoir. » VII, p. 397. — Cf. Die lieligion, VI. p. 117-118, note. — Lose Bldtter. I, p. 127. — V. R. Soloweiczik, Knnls Bestimniung der Moraliidt, kantstudion, \, p. \o~-\iD. — Theodor ljip[)S, qui d'ailleurs interprèle juste-
ment comme il sait cette créature finie, partant assujettie à des besoins et à des désirs, il craint qu'elle ne laisse l'inclination remonter jusqu'à la source même de son acte ; il pose donc en principe que, dans notre condition bumaine, rinclination, avec sa puissance spontanée d'attacbement, ne saurait, quelque forme qu'elle revête, remplacer sans corruption essentielle le motif rationnel accepté dans sa rigueur. Voilà pourquoi les cas dans lesquels le devoir nous apparaît le plus clairement sont ceux dans lesquels il suppose la lutte contre les inclinations : ces cas extrêmes sont des illustrations «populaires» de l'antagonisme permanent qu'il y a entre le devoir et les inclinations, comme maximes de la volonté, — entre le devoir qui, pour la moralité, doit suffire à I ont et les inclinations qui prétendent faussement se substituer au devoir et valoir comme lui '. Quelles ([ue soient les dispositions personnelles d'esprit et de caractère qui ont pu le susciter, et alors même que l'expression en semble paradoxale ou démesurée, le rigorisme de Kant est
ment et accepte même en son principe la pensée de Kant, d'après laquelle l'inclination ne doit pas déterminer la volonté, attribue donc faussement à Kant d'avoir exclu de la moralité l'action accomplie avec inclination. Die ethischen (iriindf'ragen, 1899, p. 121.
I. Un des endroits oii Kant a le [)lus complètement expliqué sa pensée sur les rapports du bonheur avec le devoir, se trouve dans sa Réponse à ffueU/ues objections de M. le P^ Gar\'e, Ueber den Gemeinspruck : Das mag in der Théorie richtig sein, taiigt aber nicht fur die Praxis, 1793 : « J'avais provisoirement, en forme d'introduction, défini la morale comme une science qui enseigne, non pas comment nous devons être heureux, mais comment nous devons devenir dignes du bonheur. Je n'avais pas néglige de faire remarquer à ce sujet que l'on n'exige point par là de l'homme, quand il s'agit d'observer io devoir, (pi'il renonce à sa fin naturelle, le bonheur, — car il ne le peut pas, non |)lus qu'aucun cire raisonnable fini en général, — mais qu'il doit, quand le commandement du devoir intervient, faire complètement abstraction de celte considération ; il ne doit absolument pas en faire la condition àe l'accomplissement de la loi qui lui est prescrite par la raison ; bien mieux, il doit, autant que possible, chercher à s'apercevoir qu'aucun mobile venu d'elle ne s'immisce à son insu dans la détermination du devoir ; on y parvient en se représentant le devoir comme lié plutôt à des sacrifice-^ que coûte son accomplissement (la vertu) qu'aux avantages qui en sont la conséquence, afin de le concevoir avec l'entière autorité qui lui appartient, autorité qui exige une obéissance sans condition, qui se suffit à elle-même, et n'a besoin d'aucune autre influence... » VI, p. 3o9 sq. — Cf. Bruno Bauch, Glackscligkeit und Personliclikeit in der kritischen Ethik, 1902, p. 39-68.
Delbos. 22
comme son criticisme ' : son crilicisnie repose sur 1 hétérogénéité de la sensibilité et de l'entendement, et n'admet pas que l'homme possède une faculté d iiitiiilion intellectuelle qui en saisirait l'unité fondamenlale ; son rigorisme repose sur l'hétérogénéité delà sensibilité et de la raison, et n'admet pas que rhomme possède une inclination immédiate au bien qui en réaliserait d emblée 1 accord essentiel : en l'homme toute inclination, comme toute intuition, est exclusivement sensible ".
Aussi l'action ne tire-t-elle pas sa valeur morale des conséquences qu'elle engendre ou qu'elle paraît devoir engendrer, et qui ne peuvent èlre estimées que par leur rapport à la sensibilité, c'esl-à-dire par le plaisir ou hi peine qu'elles procurent ou qu elles promettent. La volonté en général est conçue comme liée, soit à la série de ses cfTets maléri(^ls, soit à la maxime qu'elle prend [unw règle : c'est cette dernière liaison, non la première, qui permet de la (jualiiier moralement. La volonté bonne n'est donc pas celle qui agit pour atteindre une lin ou pour réaliser un objet du désir : c'est celle qui agit par une maxime indépendante de toute fin et de tout objet de cette sorte ; c'est celle (|ni ne se laisse déterminer que par la loi morale ^'.
Mais comment la loi morale, c'est-à-dire un concept purement intellectuel, peut-elle servir de mobile ? Nous savons, par une lettre à Marcus Herz delà fin de 177»^', et aussi par les Lerons sur lu Mclaphysitjue ", à (piel [)oint cette (jnestion avait préoccupé Kant. Elle est ici délinitivement résolues jj^râce sans doute à l'idée que dans rinter\alle il s était faite de la liberté comme faculté pratique inconditionnée \ 11 est
1. Cf. Krilik der praklischen Veniuiifl, V, p. 87 sq., p. i52.