‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 189 sur 345 · IV, p. aVi · texte numérisé non relu

IV, p. aVi

2. Cf. Kiilik drr pra/îtischen Vcrnuiift : « La raison pure pratique ne porte de préjudice à l'amour de soi, lequel s'éveille en nous comme un sentiment nalurci et antérieur à la loi morale, qu'en lui imposant la condition de s'accorder avec cette loi, alors il est nommé Vaniour de soi raisonnable vernûtifÙLSie Sclhstliehe). » V, p. 77 (kant dira plus tard, il est vrai, que celle expression « amour do soi raisonnable » doit être écartée à cause de son ambiguïté, et qu'un amour de soi raisonnable devant résulter du respect du devoir, il vaut mieux en énoncer, en termes purs, le principe exclusivement moral. Mais au même endroit il reconnaît qu'il est naturel de poursuivre le bonheur et légitime d'y employer la raison, à condition que cette tache reste toujours subordonnée, matériellement el formellement, à l'acceptation absolue des maximes morales. Die Reliiiion, VI, p. 109 l'io, note). — « I^a liberté consiste précisément à limiter toutes les inclinations, par conséquent à ramener l'estimation de la personne elle-même à la condition do l'observation de sa loi pure. » Kritik der praktisclien Vernuf/ft,\ , p. 83.

expressément pour bonnes'. Mais pas plus qu'elle ne les adniet à déterniiner le princi[)e de la moralité, elle ne les admet à servir de maximes au sujet ; par là elle est rigoriste". Ce rigorisme a paru choquant parce qu'il semblait condamner les bons sentiments et interdire la joie naturelle de bien faire ; ce n est pas là toutefois la pensée qui l'a inspiré. Kant s'oppose à ce que les inclinations nous fournissent des maximes, même quand elles nous orientent dans le sens de 1 action vertueuse, parce qu il veut qu on les considère alors indépendamment de leur contenu, dans la propriété en quelque sorte formelle qu'elles ont d'être subjectives, ennemies des principes ^ ; en ce sens certainement il exclut de la moralité l'acte accompli par inclination ««5 j\el(jnnf/ ' : mais il n'en exclut pas, au moins en droit, quoi que dise répigrainme de Scliiller. l'acte accompli a\ec inclination mil ?seigunf/ : il conçoit comme idéal de la créature raisonnable qu'elle aime à suivre le devoir'; seule-

1 . Gctlc afTirmatîon n'est nulle pari plus nclle que dans l'ouvrage où Kant a développé la théorie du mal radical. « Les inclinations naturelles, considérées en elles-mêmes, sont bonnes, c'est-à-dire qu'elles ne sont pas à proscrire; il ne serait jias seulement vain, mais encore pernicieux et blâmable de vouloir les extirper ; on doit plutôt se borner à les maîtriser, afin qu'elles ne se détruisent pas elles-mêmes réciproquement, mais ([u'elles soient amenées à cet accord en un tout, que l'on nomme bonheur. » Die Religiony VI, p. i52. V. aussi

2. Voici un passage qui exprime bien clairement que les inclinations, comme maximes de la volonté, doivent être radicalement exclues, mais, comme principes de fins naturelles en rapport avec les fins morales, sim[)lement disciplinées et limitées : « L'essentiel de toute détermination de la volonté par la loi morale est en ceci : que la volonté soit déterminée uniquement par la loi morale, comme volonté libre, par suite non seulement sans le concours, mais encore à l'exclusion de toutes les impulsions sensibles, et au préjudice de toutes les inclinations, en tant qu'elles pourraient cire contraires à celte loi. » Kritik der praklisc/ien Vernunf't, V, p. 7-.

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