‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 194 sur 345 · IV, p. 248, p. 25i · texte numérisé non relu

IV, p. 248, p. 25i

LA PHILOSOPHIE PRATIQUE HE KA>iT

FONDEMENTS DE LA METVPHVSIQUE DES MCJELRS

dire, ne se met pas en peine de justifier longuement cette présupposition. Moins soucieux de défendre le rationalisme en général, qui a toujours été sa conviclion intime et préalable, que d'expliquer son rationalisme à lui, il s'en tient là-dessus aux plus simples argumenis d'école ' ; il se borne à affirmer que la loi morale énonce, non ce (|ui est. mais ce qui doit être, qu'elle exprime une vérité indépendante des circonstances particidières, et qu'elle vaut pour tous les êtres raisonnables". Etanlainsi nécessaire, étant universelle, dans le double sens où Kant entend funiversalité, c'est-à-dire, étant valable pour tous les cas et pour toutes les inlelligences, la loi morale possède les deux caractères qui selon la tradilion philosophique, plus particulièrement selon les ^^ (dllîens \ cl enfin selon Kant lui-même, font conclure à une origine rationnelle. Kant développe surtout les motifs spéciaux qui. dans l'ordre de la pratique, le porlent plus qu'un autre à marquer par opposition à la certitude de la loi Tincertitude de l'expérience. Il écarte d'abord la méprise possible qui consisterait à croire que l'analyse précédemment opérée de la conscience commune a dû traiter le devoir comme un (oncept empirique : la conscience commune est un usage pratique de notre raison ; le devoir doit s'identifier avec l'élément rationnel qu'elle implique. Ce qui empêche d'ailleurs de dériver la loi morale de l'expérience, c'est l'impossibilité de prendre jamais sur le fait une action morale authentique. Liie action uiorale, pour être lelle. ne doil pas seulement être conforme au devoir ; il faut encore c|u'elle soit accomplie par devoir. Or, en ce qui concerne nos semblables, nous ne sommes jamais surs de la maxime qui

1. Cf. Kritik der praklischen Vernunft : « Ce qui pourrait arriver de plus fâcheux à ces recherches, ce serait que riuelqu'un lit cette découverte inattendue qu'il n'y a nulle part de connaissance a priori et qu'il n'en pe«it v avoir. Mais il n'y a de ce côté aucun danj^er. Ce serait toute juste comme si quelqu'un voulait démontrer par la raison qu'il n'y a pas de raison... » V, p. 12.

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