‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 239 sur 345 · V. p. 90. — C'est Rousseau qui paraît bien otre ici visé · texte numérisé non relu

V. p. 90. — C'est Rousseau qui paraît bien otre ici visé

2. V. p. Qi. — On songe naturellement à l'apostrophe célèbre de Rousseau dans V Einiie : « Conscience ! conscience ! instinct divin, immortelle et céleste voix ; puide assuré d'un être ignorant et borné, intelligent et libre ; juge inlailliblo du bien et du mal, qui rend l'homme semblable à Dieu : c'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralité de ses actions ; sans toi je ne

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la loi morale est un mobile : elle Test en tant qu'elle fait reconnaître à l'homme la sublimité de son existence suprasensible, et en tant qu'elle produit subjectivement en lui, dans l'état de dépendance où il est aussi à l'égard de sa nature sensible, un sentiment de respect pour sa plus haute destination ^

Il peut paraître que. pour tout ce qui touche à l'exphcation de la morahté. l'aMivre de Kant est dès à présent terminée. Cependant elle ne l'était pas dans sa pensée, et cela, pour des motifs personnels sans doute, mais aussi pour des raisons susceptibles, à ses yeux, d'un développement et d une justification philosophiques. Kant n'avait jamais cessé d'admettre qu'il y enl un lien entre les conditions de la vie morale et certaines aiïirmalions portant, par delà l'expériencc sensible, sur l'existence de Dieu et fimmortalité ; c était seulement sur la nature de ce lien, ainsi que sur l'ordre de priorité à établir entre les deux espèces de vérités liées, que ses idées s'étaient opposées à celles des métaphysiciens dogmatiques'. Le lien devait-il être brisé par cela seul que le principe moral excluait toute détermination de la volonté par un objet extérieur à la loi ') Mais le principe moral le plus pur ne saurait empêcher une volonté déterminée par lui et uniquement par lui de se rapporter à un objet en conformité avec lui, et qui réalise, pour l'ensemble des objets pratiques, l'inconditionné. En outre, selon la philosophie critique, un objet inconditionné ne peut pas

sens rien en moi qui m'élève au dessus des bctes, que le triste privilège de m égarer d'erreurs en erreurs à l'aide d'un entendement sans règle et d'une raison sans principe » (Livre ÏV, profession de foi du vicaire savoyard). — V. encore chez Kant une apostrophe du mcme genre : « O sincérité ! Astrée qni t'es enfuie de la terre vers le ciel, comment peut-on de nouveau te ramener vers nous, toi, le principe de la conscience, par suite de toute lieligion intérieure?... » {Die Religion, 2^ édition, VI, p. 289). I. V. p. 91-93.

■i- V. plus haut, p. 125-196, p. i3o sq., p. 170-179, p. 287 sq.

être conçu absolument en soi, sans relation au conditionné dont .1 est le londement; or quel est ici le conditionné pratique. C est précisément le bonheur, dont l'idée représente 1 objet essentiel de nos inclinations sensibles et ne peut clone, sans apparaître comme indéterminée ou imaginaire être portée à l'absolu, mais exprime tout de même pou^ nous une fin relative nécessaire'. Tandis que dans la W hque de la raison pure, Kant admettait que l'Inconditionné est indéterminé par rapport aux objets d'expérience détermines par I entendement, ici. au condaire lindétermination première est du cùlé du conditionné : là l'Inconditionné se déterminait en quelque mesure pour le condilionné de 1 expérience don, il ,equén,il la plus complète explication possible: , ce est le con.lllionné des tendances sensibles qui se détermine pour rineondilionné de la raison pratique auquel il lournit un terme indispensable d'application. Quoi qu II en SOI,, e est, nous le savons, une démarche famil.çM-e a la pensée de Kant. que d'essayer de retrouver, après les distinctions profondément établies, une certaine unité des notions distinguées : comme tout autre dualisme le dualisme des inclinations naturelles et de la volonté pure doit troiiver quelque principe d'unification. Ce principe, cest hdee de la totalité de l'objet de la raison Latiqie autrement dit, l'idée du souverain bien ^' *

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