‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 252 sur 345 · V. plus haut, p. 5oo · texte numérisé non relu

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sance à la Métaphysique de la nature et à la Métaphysique des mœurs, c'est ce ([ui n'est pas étabh réellement, si les principes de ces deux sortes de métaphysique restent irréductibles dans leur opposition réciproque. Pour la certitude comme pour l'achèvement du système, il fallait chercher comment peut s'opérer l'union entre les deux'. Seulement, comme le principe de cette union ne peut être que transcendantal, il suppose que les termes à unir ont été distingués essentiellement, comme ils doivent l'être, par des définitions pures : de là le nouvel elTort de Kant pour tracer la véritable hgne de démarcation entre ce qui est théorique et ce qui est pratique.

On confond, en elîet, très souvent ce qui est pratique selon les concepts de la nature et ce qui est pratique selon le concept de lahberté. Or ce qui est pratique selon les concepts de la nature n'a comme tel rien de spécifique et n'est au fond qu'une apphcation de formules théoriques. Par exemple, les règles de l'art et de l'industrie, comme celles de la prudence et de l'habileté humaines, sont souvent dites pratiques parce qu'elles servent aux besoins ou à la conduite de la vie ; mais elles n'expriment en fin de compte que la possibilité de mettre en œuvre à cet efTet certaines connaissances plus ou moins exactes ; elles ne sont donc que des conséquences : elles ne renferment pas de principes propres. Dira-t-on qu'elles deviennent pratiques par cela même que c'est la volonté qui en use ? Mais si l'on entend par volonté la faculté d'être déterminé par des mobiles naturels, il est aisé de voir (juc l'action d'une telle volonté ne requiert d'autres règles que celles qui sont tirées de la connaissance de ses dispositions et de celle des circonstances parmi lesquelles elle s'exerce : ces règles ne diffèrent des propositions théoriques ordinaires que par la façon dont le sujet se les représente, non par leur contenu. D'une manière générale, ces rè^^les comme celles de l'art et de l'industrie, seraient plus

I. V. p. 301-204.— Ueber Philosophie iiberhaupt, M, p. 4o3-4o4. Cf. Kritik der reinen Vernunft, III, p. 538.

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justement nommées techniques que pratiques '. Pour que des propositions soient pratiques véritablement, il faut qu elles fassent dériver l'action de sa forme seule, c'est-àdire de la loi propre de la volonté, et non, directement ou indirectement, des conditions sensibles qui ne peuvent introduire dans la volonté que des règles étrangères. Elles sont alors des principes du vouloir ; et alors seulement elles peuvent constituer une philosophie distincte de la philosophie théorique".

La philosophie théorique et la philosophie pratique sont donc rigoureusement délimitées l'une vis-à-vis de l'autre par les concepts dont elles résultent, la première par le concept de la nature que fournit l'entendement, la seconde par leconceptde la liberté qui émane de la raison. Si le concept de la nature peut représenter ses objets dans l'intuition, il ne peut les représenter que comme des phénomènes, non comme des choses en soi ; si le concept de la liberté peut représenter par son objet comme une chose en soi, il ne peut pas le représenter dans l'intuition ; à cet égard, ils sont donc impénétrables l'un à l'autre, et ils ne se rencontrent que négativement, dans leur commune impuissance à produire une connaissance proprement dite du supra-sensible. Cependant, bien qu'ils paraissent fonder deux mondes radicalement distincts, il ne faut pas oublier, d'abord, qu'ils se rapportent l'un et l'autre à l'expérience ', ensuite que le concept de liberté implique la réalisation possible, dans le monde sensible, des fins posées par la volonté morale \ C'est donc sous un autre aspect que Kant, ici, examine surtout le problème de la liberté ; il s'apphquc à concevoir la liberté non plus seulement en elle-même, ou dans la législation inconditionnée qui est la sienne, mais dans l'action ellicace qu'elle doit avoir sur le monde donné,

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