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LA CRITIQUE DE UA FACULTÉ DE JUGER 54 y
attaché son intérêt au bien moral... L'analogie qu'il y a entre le pur jugement de goût qui, sans dépendre d'aucun intérêt, nous lait éprouver une satisfaction et la représente en même temps a priori comme convenant à l'humanité en général, et le jugement moral qui produit juste le même effet par des concepts, même sans une réflexion distincte subtile et préméditée, cette analogie communique à l'objet du premier jugement un intérêt immédiat égal à celui que présente l'objet du second : avec cette seule différence que dans le premier cas l'intérêt est hbre, tandis que dans le second il est fondé sur- des lois objectives. Ajoutez à cela 1 admiration de la nature qui dans ses belles productions se révèle comme un art, non pas par un simple hasard, mais avec intention pour ainsi dire, suivant une ordonnance régulière, et comme finalité sans fin ; étant donné que nous ne trouvons jamais cette dernière fin hors de nous, il est naturel que nous la cherchions en nous, et à la vérité dans ce qui constitue la fin dernière de notre existence, à savoir dans la destination morale (cette recherche sur le principe delà possibihté d'une telle finahté de la nature interviendra avant tout dans la téléologie)\ »
Ainsi au jugement de goût, malgré les caractères irréductibles qu'il manifeste, est lié indirectement a priori un intérêt moral. La déduction de cette espèce de jugement, telle que Kant l'expose, confirme à la fois cette indépendance et ce lien. Les jugements esthétiques prétendent à 1 assentiment universel comme s'ils étaient objectifs ; ils échappent cependant à toute démonstration régulière comme s'ils n'étaient que subjectifs. Cette contradiction appar.ente vient de ce qu'étant des jugements ils se décla-