‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 28 sur 345 · Kritik der reinen Vernnnft, III, p · texte numérisé non relu

Kritik der reinen Vernnnft, III, p

0. Ileicke, Lose Bldtter ans Kants Nachlass, D i4, i, I, p. 224,

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sont selon son expression, les deux pivots de son système . la théorie de Vidéalité de l'espace et du temps, et la théorie de la hherté, il laisse entendre que l'étaWissernent de la première a été déterminé par Tétahlissement de la seconde : (( La réalité du concept de liberté entrahie comme consénuence inévitable la doctrine de l'idéahté des objets, comme objets de l'intuition dans l'espace et le temps \ » Peut-être y a-t-il lieu d'abord de défendre Kant contre lui-même. La reconstitution de notre passé ne va jamais sans cette illusion de finalité qui nous porte à croire que nous avons voulu et préparé les choses selon 1 ordre ou nous nous les figurons aujourd'hui et selon le sens que nous leur attribuons actuellement. De plusen plus satisiait des garanties que sa philosophie donnait à la morale, Kant a pu^sliu^er après coup que sa morale avait suscite les conceplions essentielles de sa philosophie. Nul doute qu il n'ait ainsi retait son œuvre au lieu de la revoH^ En ce qui concerne particulièrement l'ordre de dépendance des deux théories fondamentales du kantisme, il est bien certain que Kant Va sur le tard interverti : la théorie de 1 idéahté de 1 espace et du temps a été établie historiquement avant la théorie de la liberté, et en a été la condition, non la conséquence. Sur quoi l'on peut assurément observer qu'une théorie ne fait souvent que parachever des tendances très anciennes, dont l'action antérieure, plus ou moins inconsciente, a pu être très efficace et même déterminante. Mais on reconnaît alors au bénéfice môme de Kant, la nécessité qui s impose à toute pensée humaine de se développer dans un milieu psychologique donné, limpossibihté où elle est de philosopher d'emblée dans l'absolu. C'est à partir de dispositions subjectives, et c'est sur un contenu représente par l'esprit subjectif que travaille l'intelligence philosophique la plusen quête d'objectivité: et sa tache consiste non pas à abolir ces données originelles, mais à empêcher qu elles

I Vehcr die FortschriUc der Metaphysik, VIII, p. 573.

2. Rcicke. Lose niiiUer ans Kants Nachlass, D 12, i, 1. p. 21 y.

ne se fassent valoir immédiatement comme vraies, c'est-àdire à muUij)lier le plus possible, en les liant entre elles le mieux possible, les médiations rationnelles qui en éliminent les éléments les plus individuels, qui en retiennent, pour les ordonner, les éléments les plus impersonnels. Or il est certain qu'à diveis moments de l'évolution de la pensée kantienne l'idée de fonder la morale, disons même telle morale, est intervenue comme facteur très important ; mais celte idée n'a cherché à se convertir en doctrine que médiatisée par des conceptions purement théoriques dont plusieurs avaient un contenu originairement trop éloigné d'elle pour avoir été produites uniquement en sa faveur. Pour revenir au même exemple, — qui nous met du reste au cœur de la doctrine, — c'est par des considérations tirées de la géométrie et de la philosophie naturelle que Kant a été amené à concevoir que l'espace et le temps ont une existence absolue, capable de fonder les rapports des choses au lieu d'en dériver, ensuite que cette existence ne peut être qu'une existence idéale, ou mieux la forme a priori de l'intuition sensible' ; l'affirmation de la hberté transcendantale ne s'est produite dans le système qu'avec l'autorisation préalable de cette théorie. Aussi Kant. à ce qu'il semble, a plus fidèlement exprimé sa règle de conduite intellectuelle, quand il a dit dans la Préface de la seconde édition de la Critique: (( Supposé que la morale implique nécessairement la liberté (au sens le plus strict)..., mais que la raison spéculative ait démontré que la liberté ne se laisse nullement concevoir, il faut nécessairement que la première de ces suppositions, la supposition morale, fasse place à celle dont le contraire renferme une contradiction manifeste '. » Kant n'a donc voulu fonder sa philosophie pratique qu'en l'accordant avec sa philosophie théorique.

1. Cf. Richl, Der philosophische Kriticisnius, I, p. 350-30^4. — Cli Aiidler Introduction aux Premiers principes métap/nsiffues de la science de la nature, traduits par Gh. Andler et Ed. Chavannes, p. i.xxxvi s

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