‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 291 sur 345 · l'usage que Schelling a fait des idées ki · texte numérisé non relu

l'usage que Schelling a fait des idées ki

isage que Dei.bos.

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LA PHILOSOPHIE l'RVTIQUE DE kA>T

La révolution qui nous libère du mal, c'est essentiellement la sainteté introduite dans la maxime; mais l'homme qui l'accomplit n'est pas immédiatement saint pour cela, car la distance est grande encore de la maxime à l'acte. En l'accomplissant il a fait de lui un sujet destiné au bien ; mais il ne peut manifester d'une façon sensible cette disposition nouvelle que par un progrès incessant vers le mieux; il ne peut saisir par une conscience immédiate le fond de son cœur qui lui est caché; il ne peut pas non plus se prouver par le point où il en est de sa conduite la transformation opérée en lui ; mais dune part il doit pouvoir espérer que la constance de son eiïbrt propre, signe de la pureté nouvelle de son intention, ne sera pas sans ellet: et d'autre part, aux yeux de Dieu qui saisit d'un regard unique l'inlinité de ce progrès, il est dès à présent tout à fait justifié et réellement bon, alors qu'il se sent lui-même encore en pleine lutte pour le bien.

11 ne laut donc pas conclure de linnéité du mal à l'impossibilité de la régénération. L'idée du mal inné n'a aucune place dans la dogmatique morale ; car, qu'il y ait en nous ou non un penchant au mal, ce sont toujours les mêmes devoirs que nous avons à remplir. Cette idée a plus d'imporlance dans Y ascétique morale: car elle nous prévient que pour l'accomphssement de notre tache nous ne devons pas nous considérer comme partant d'un état d'innocence, mais opposera un penchant au mal. indestructible par des forces naturelles, un effort incessant de noire volonté pour l'adoption et l'exécution de maximes contraires. Ce qu'il faut c'est que la régénération apparaisse bien en principe comme l'œuvre de notre liberté. Quand même on admettrait qu'une coopération surnaturelle est indispensable pour l'assurer, soit par un simple amoindrissement des obstacles, soit par une assis-

el son rapport à la liberté, en les adaptant à sa doctrine de l'identité, dans l'ouvrage Ueber dus Wesen der menschlichen Freifieit. — Cf. Victor Delbos, Le problème moral dans la philosophie de Spinoza et dans l'histoire du spinozisme, p. 422 sq.

tance plus positive, il llmt toujours que l'homme au préalable s'en rende digne et s'y prête par sa volonté, ou plutôt qu'il accepte et provoque par sa maxime même ce surcroît de force. Sans exclure la possibihté ou la réalité objective des idées qui représentent la régénération comme un effet de la grâce, il lliut maintenir qu'elles ne sauraient s'introduire dans la règle propre de l'action. La raison philosophique, au surplus, en considérant ces idées, en écartant les difficultés qu'elles soulèvent, en étabhssant leur rapport possible avec les lois pratiques, consent à un hors-d'œuvre qui ne concerne pas la Religion comprise dans ses hmites. Elle affirme en tout cas que s'il y a dans le champ du surnaturel quelque chose qui doive suppléer à notre impuissance morale, ce quelque chose ne peut être qu'au profit de la bonne volonté. Elle s'oppose énergiquement à toute Religion de simple observance qui enseigne soit que Dieu peut donner aux hommes le salut éternel sans qu'ils aient à se rendre meilleurs, soit que Dieu peut les rendre meilleurs sans qu'ils aient autre chose à faire qu'à l'en prier ; elle n'est véritablement d'accord qu'avec la Religion morale. — et de toutes les Religions connues la Religion chrétienne est la seule qui mérite ce titre, — d'après laquelle il faut que riiomme fasse tout ce qui dépend de lui pour devenir meilleur. Agissant ainsi, il a le droit d'espérer que ce qui n'est pas en son pouvoir lui sera donné par un concours d'en haut. L'essentiel n'est pas de savoir comment Dieu peut opérer en nous, ce qu'il a fait ou ce qu'il fera pour notre salut, mais de savoir ce que nous devons faire, nous, pour mériter son assistance'.

C'est donc une lutte qui est engagée entre le bon et le mauvais principe pour la domination de l'homme. De

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