I. Cf. Der Streit der Facultàten, ^ 11, p
s'en dispenser. Les miracles dont la Bible entoure la naissance du Chrlslianisnie eussent réclamé le contrôle des contemporains éclairés: or les Uomains du temps ne nous disent rien là-dessus ; les commencements du Christianisme nous restent donc obscurs. Nous ne savons pas non plus l'inlluence que la Heligion nouvelle exerça sur la moralité de ses premiers fidèles. Ce cpie riiistoire nous rapporte pour les périodes qui ont suivi n'est guère propre à nous édifier : abus de la vie monasti(|ue et contemplative, superstitions grossières, despotisme de la hiérarchie ecclésiastique, décadence de l'empire d'Orient halée par les querelles théologiques, subordination de l'Occident aii pouvoir religieux temporel, intolérance et guerres civiles : voilà toute une série de maux survenus au cours de riiistoire du Christianisme et (pii sont résultés de la tendance à transformer les moyens transitoires grâce auxquels il pouvait s'introduire parmi les nations en fondements définitifs de la Heligion universelle. Quelle est donc la meilleure époque qu'ait connue l'histoire de l'Eglise.^ C'est la notre, répond Kant. Car le germe de la vraie foi religieuse, visiblement déposé aujourd'hui par quelques esprits dans la Chrétienté, ne peut manquer d'y Iruclifier. De là résulte dans le jugement sur ce qu'on appelle la révélation un esprit d'équitable mesure ; un Livre qui pour son contenu moral ne contient rien que de purement divin peut, pour ce qu'il a d'historique, être considéré réellement comme une révélation divine ; en outre, comme une association religieuse ne peut se former entre les hommes ni être stable sans un Livre sacré et une foi extérieurement formulée qui s'y rattache, comme en outre on n'a pas à attendre une révélation nouvelle', le plus raisoimable et le j)lus juste, c'est de prendre pour base de l'enseignement ecclésiastique le Livre reçu, de ne point en affaiblir la saleur par des attacjues inutiles et malignes, sans du reste imposer à personne la foi en ce Livre comme