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buts moraux. Ainsi, contrairement à la disposition de la plu|)artdes écrivains de YAaf/d(ïrunf/ qui liaient volontiers le Christianisme au Judaïsme ou môme qui trouvaient dans le simple déisme de la croyance juive une vérité plus appropriée à leur idée de la Religion naturelle, Kant soutient l'opposition ladicale du Christianisme et du Judaïsme et la suprématie incomparable du Christianisme. Ce n'est qu'extérieurement que le Christianisme paraît sorti du Judaïsme ; si les propagateurs du Christianisme ont admis cette filiation en déclarant que l'ancienne foi contenait sous forme de symboles et de figures ce que la foi nouvelle réalisait en vérité, c'a été uniquement pour rendre plus aisée et plus sûre l'introduction de la foi nouvelle ; si d'autre part, malgré sa brusque apparition, le Christianisme a été préparé par l état antérieur du Judaïsrtie, c'est que le Judaïsme à ce moment était tout imprégné de la sagesse grecque, que son organisation politique et sacerdotale avait été ruinée par la domination de ce peuple romain qui traitait avec indifférence les croyances populaires des autres nations. Quoi ([u il en soit, ce que le fondateur du Christianisme est venu annoncer au nom du ciel, c'est la nullité de la croyance légale, asservie aux cérémonies et aux pratiques du culte, c'est la valeur absolue de la foi morale, seule capable de nous sauver. Il a confirmé sa doctrine par l'exemple j)endant sa vie et à sa mort. Sa résurrection et son ascension, qu'il faut d'ailleurs se garder d'entendre dans un sens dogmatique et matérialiste ' , sont les signes du commencement d'une autre vie et de l'entrée dans le royaume de la béatitude : mais avant de (juitter ce monde il a pu dire avec vérité qu'il restait néanmoins parmi sesdisclples jusqu'à la consommation des siècles, (^ette doctrine, transformée en croyance historique, pouvait à ce dernier titre avoir besoin d'être coniirmi'e par des miracles : en elle-même, en tant que relevant de la croyance morale, elle pouvait