‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 311 sur 345 · I. ^ . plus Iiaut · texte numérisé non relu

I. ^ . plus Iiaut

LA RELIGION DAAS LES Ll^UTES DE LA SLMPLE RAISON 683

l'homme est un être raisonnable fini capable d'obéir ou non au devoir, mais encore qu'il a voulu elTectivement le mal; et ainsi, d'accord avec le Christianisme sur la notion génératrice du problème, elle a suivi le Christianisme dans la recherche des solutions, tout en le modelant sur l'idée d'une Religion exclusivement morale.

C'est celte idée d'une Religion exclusivement morale qui, selon Kant, permet de comprendre et de justifier la Religion en général. En établissant que la foi et la science relèvent (le principes distincts et irréductibles, la doctrine critique autorisait et obligeait à chercher ailleurs que dans le savoir théorique la source de toute Religion : elle instituait de la sorte une maxime qui, diversement interprétée ou diversement appliquée, est restée cependant essentielle pour maints théologiens de rAllemagne, pour ceux-là même qui ont prétendu dépasser ou corriger les conceptions religieuses de Kant. pour un Schleiermacher ' ou un RitschP. Kant, lui, appliqua sa maxime en attribuant à la raison pratique l origine de la Religion, au point mome de soutenir qu'entre la Religion et la Morale il ne saurait y avoir matériollenionl aucime dilïorence \ De là une façon d'entendre la Religion, qui en atténue ou mome en supprime les caractères spécifiques, qui résout le plus qu'elle peut dans l'idée de l'autonomie de notre volonté le sentiment de notre dépendance à l'égard d'un Principe commun de la nature et de l'esprit '\ qui ne retient des représentations rehgieuses que le rapport qu'elles ont avec notre faculté d'agir selon

I. V. en particulier Der christliche Glaiihe,^ i6, Zusatz et ^^ 33, 6^ éd., i884, p. 99-I01, p. 162 s(j. —C'est en tant qu'ils ont éliminé l'un et l'autre <le la lieligion tout savoir objectif que Kant et Schleiermacher, maigre leurs dillérences profondes, peuvent être rapprochés. — Cf. Christian Baur, Die c/irisllicfie (i/n)sis, i835, p. 660-668. — En op[)osilion avec cette tendance, le hogclianisme s'est elTorcé de réintégrer l'élément spéculatif de la Religion.

3. V. l'ouvrage d':V. Ilitschl, nie christliche Lehre von der Rechtfertigun^ und Versôlinun}^, ^ vol., et dans cet ouvrage l'exposé critique de la philosophie religieuse de Kant, I, 3^ éd., 1880, P- 429-/461.

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