‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 318 sur 345 · LA THÉORIE ET LA PRATIQUE · texte numérisé non relu

LA THÉORIE ET LA PRATIQUE

lions de la possibilité de la paix publique doivent être consultées par les Étais armés pour la guerre. Cela ne veut point dire qu'il faille investir les philosophes de titres officiels, qui leur confèrent une autorité sur l'État : il suffît de les laisser parler hbrement et de les écouter comme des conseillers officieux. Il n'v a point heu de les appeler au gouvernement, comme le voulait Platon : il y a lieu seulement de reconnaître que la philosophie est en mesure de fournir des règles d'action à ceux qui gouvernent. (( Que les rois deviennent philosophes ou les philosophes rois, il ne faut ni s'y attendre, ni même le souhaiter, car la possession du pouvoir corrompt inévitablement le libre jugement de la raison. Mais que les rois et les peuples rois (c'est-à-dire les peuples qui se gouvernent eux-mêmes d'après des lois d'égahlé) n'ohligentles philosophes ni à se taire ni à disparaître, mais qu'ils les laissent ])arler publiquement, c'est ce qui est indispensable pour ([ue leur gouvernement soit éclairé ; cette classe d'hommes est en elfet par sa nature incapable de cabale et de menées de club, et elle n'est pas suspecte d'esprit de 7>ro-

sélytisme ' . »

Ce que dans cet ouvrage Kant veut encore dénoncer comme faux, c'est la prétendue opposition de la morale et de la politique. La formule de la politique paraît être : Soyez prudents comme les serpents. La formule de la morale : Soyez simples comme les colombes. De la prudence ou de l'honnêteté, laquelle doit régler l'autre.^ Il n'est pas exact de dire que l'honnêteté est la meilleure pohtique : ce qu'il faut dire, c'est qu'elle est meilleure que toute politique. Si toute la science pratiquedevait se réduire à la pohtique, c'està-dire à l'art de faire usage du mécanisme des inclinations pour conduire les hommes, le concept du devoir ue serait plus qu'une fiction. Il n'y a de rapports normaux entre la morale et la pohtique que si c'est la morale qui fournit la règle suprême. On peut bien se représenter un pohtique moral,

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