‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 48 sur 345 · I. II, p · texte numérisé non relu

I. II, p

lièros que nous pouvons faire un emploi justement approprié (le nos penchants bienveillants et achever de leur donner celte noble bienséance qui est la beauté de la vertu '. » Donc, pour Kant. le pur sentimeni moral se reconnaît à ceci, (pi il est capable d'universalité dans sa fornujle et dans son application, qu'il lie l'action humaine, même dans les cas particuliers, à des motifs généraux, (ju'il tend à constituer un ordre général des volontés réciproquementunies. Cette aptitude active à l'universel est considérée ici comme une donnée irréductible de la conscience: Kant ne sedemande pas encore si un sentiment j)ar lui-même peut Tenvelopper ou la produire, s'il ne la reçoit pas de quelque autre faculté plus intime ou plus haute.

En fait, peu d'hommes se déterminent par le sentiment moral uni\ersel, et c'est pour compenser cette faii)lesse de la nature humaine cpie la Providence a implanté dans les cieurs ces penchants auxiliaires qui remplacent la disposition à la véritable vertu. Ce sont assurément de belles actions que les actions engendrées par la pitié et la complaisance : et parce qu'elles sont le plus souvent exemptes de calcul, elles ont avec la vertu une 2)arenté qui les autorise presque à en prendre le nom. Pourtant elles ne doivent être qualiliées de vertueuses que si l'on admet des vertus en quelque sorte adoptives, à coté de la vertu de liliation authentique. Il y a même, des lors, des vertus plus extérieures et plus spécieuses : ce sont celles qui résullent d'une simple délérence à 1 opinion, et ([ui nous poussent à agir de façon à ne pas encourir le blâme ou même à mériter l'approbation d'autrui. Le sentiment ((ui les inspire est le sentiment de 1 honneur : mobile puissant pour secouer notre paresse, nous inquiéter sur notre égoïsme, nous détacher des voluptés vulgaires, mais bien plus éloigné de la vertu proprement dite que la pitié et la complaisance ; car ce qu'il exprime, ce n est pas la beauté des actions en elles-

Page 1