‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 49 sur 345 · LE SENTIAIEM COMME PRINCIPE DE LV MORALE · texte numérisé non relu

LE SENTIAIEM COMME PRINCIPE DE LV MORALE

mêmes, mais l'état qu'en font les autres, comme si le jugement des autres pouvait par lui seul décider de notre mérite. Si ce sentiment de Ihonneur a été heureusement mis en nous par la Providence pour servir de contrepoids à des impulsions grossières, s'il doit être estimé pour la délicatesse qui lui est propre, il ne peut cependant produire qu'une brillante apparence de vertu'. 11 faut maintenir que la vertu réelle, sans spontanéité aveugle connue sans éclat d'emprunt, est celle qui est fondée sur des principes.

Ces diverses espèces de sentiments moraux correspondent, selon Kant, aux diverses espèces de tempéramenis, telles qu'elles sont distinguées d'ordinaire. Il y a peu à dire du tempérament flegmatique, auquel est lié le défaut de sentiment moral. Mais considérons Tamc vertueuse en qui se trouve un sentiment intime de la beauté et de la dignité de la nature humaine, avec la résolution et la i'orce d'y rapporter toutes ses actions comme à un principe universel. Il est certain que ces dispositions jureraient avec l'enjouement ou la mobilité d'un étourdi. De fait, la véritable vertu, la vertu par principe, a en soi quelque chose qui paraît s'accorder avec le caractère mélancolique, dans le sens adouci du mot. 11 y a dans la mélancolie, bien entendu dans la mélancolie active et virile, comme une conscience frémissante des obstacles que rencontrent les grandes résolutions et de l'énergie qu'il faut déployer pour s'en rendre maître ; c'est moins un renoncement aux joies de la vie et un abandon de soi qu'une tension vers les objets les plus hauts du vouloir. L'homme mélancolique se laisse moins toucher par les frivoles attraits du beau, qu'il ne se laisse émouvoir par la grandeur inaltérable du sublime ; s'il est plus d'une fois mécontent de lui-même et dégoûté du monde, ce n'est pas par caprice d'humeur, c'est par cette fermeté rigide qui se refuse à subir l'inconstant empire des circonstances extérieures, du jugement d'autrui, et jusque

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